Affaire "passeport falsifié" : Katumbi bloqué en Belgique

Samedi 16 Juin 2018 - 13:00

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Lors des vérifications d’usage d’entrée au Royaume de Belgique, au soir du 14 juin, les services aéroportuaires belges ont constaté que, bien que disposant d’un visa en cours de validité, le passeport semi-biométrique de l'ex-gouverneur du Katanga avait été annulé et retiré du système.

L’affaire a fait grand bruit à Kinshasa. Les spéculations sont allées dans tous les sens pour interpréter l'interpellation dont a été l'objet Moïse Katumbi, dans la nuit du 13 au 14 juin, de la part des services aéroportuaires belges pour cause d’un passeport non valide. La presse à sensation s’est vite appropriée l’affaire, en martelant sur l’interception de l'ex- gouverneur à l'aéroport de Zaventem, d’où il devrait transiter pour se rendre en Russie afin d’assister à l'ouverture de la Coupe du monde de football. Alors qu’il revenait d’Israël, le richissime homme d’affaires ne pouvait plus poursuivre son itinérance parce qu’il détenait, par devers lui, un passeport falsifié, à en croire le quotidien belge "Het Laatste Nieuws".

Selon ce média belge, une « fausse page d'identité » avait été jointe à son passeport avec une mention pas du tout correcte quant à la profession de l'intéressé. Dans ce cas de figure, Moïse Katumbi était, sans commune mesure, sujet à l’expulsion du territoire belge. C’est, dit-on, la sanction réservée à tous les détenteurs de faux passeports. Cependant, son statut de membre de la Conférence africaine de football (CAF) dont la présence était attendue en Russie avait plaidé en sa faveur en plus des négociations amorcées par son pré-carré auprès du ministère belge des Affaires étrangères et de l'Office des étrangers. À la fin, la Belgique a accepté de lui octroyer un permis de séjour temporaire qui lui donne le droit de demeurer en territoire belge durant deux semaines. Pendant ce laps de temps, il est enjoint à l’opposant congolais de se procurer des papiers valables à l'ambassade congolaise en Belgique.

Chez les Katumbistes, la version d’un passeport falsifié est réfutée. Le bureau politique de la plate-forme Ensemble accuse même le gouvernement congolais d’avoir délibérément annulé la validité du passeport semi-biométrique de son président, pourtant en cours de validité en le retirant du système. « Il s’agit de l’utilisation d’un passeport n’ayant plus cours légal, parce qu’il a été annulé par le service qui l’a délivré et il ne s’agit pas d’un passeport falsifié ou qui comportait des éléments par adjonction opérés par le détenteur », explique Delly Sessanga, le secrétaire général d’Ensemble qui trouve inapproprié qu’on parle de falsification de passeport. Il assure cependant que Moïse Katumbi avait, en son temps, fait une demande de passeport biométrique auprès de son ambassade en Belgique, laquelle deamande avait été refusée. Delly Sessanga voit dans la décision prise par les autorités congolaises d’annuler les passeports semi-biométriques au profit des passeports biométriques, une manière sournoise de priver Moïse Katumbi de la possibilité de se mouvoir. « Il n’a pas utilisé un passeport qu’il a falsifié, c’est un passeport qu’il a toujours utilisé », a-t-il ajouté. Et d’enchaîner : « Katumbi va solliciter que le passeport lui soit restitué et nous allons exiger du gouvernement qu’il s’acquitte de son obligation à la morale de ce citoyen congolais pour qu’il ne soit pas bloqué ».

Les proches du candidat déclaré à la présidentielle de décembre considèrent ce fait comme un acharnement à l’encontre de l’ex-gouverneur du Katanga, dont la candidature dérange mais aussi comme une violation du droit légitime de ce dernier à disposer d'un passeport à l’instar de tout citoyen congolais.

Alain Diasso

Légendes et crédits photo : 

Moïse Katumbi

Notification: 

Non