Afrique centrale : des tensions liées aux processus électoraux menacent la stabilité

Jeudi 14 Juin 2018 - 18:43

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Le climat qui prévaut dans la sous-région a fait l’objet d’une communication, le 13 juin devant le Conseil de sécurité, par le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, François Louncény.

La situation dans la sous-région reste difficile, avec un certain nombre de menaces sérieuses qui pèsent sur la stabilité politique, sécuritaire et socio-économique, a indiqué l’ONU dans un communiqué. Expliquant les causes de l’instabilité qui y règne, le représentant des Nations unies a fait savoir que c’est parce que les onze Etats membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) sont soit au milieu ou au début d’un cycle électoral qu’ils connaissent des tensions liées aux processus électoraux.

Pour être plus précis, François Louncény a dit que parmi les nouveaux développements dans la sous-région, il y a le cas du Tchad avec la promulgation de la nouvelle Constitution suivie de la prestation de serment du nouveau gouvernement et de la cérémonie d’installation du Cadre national du dialogue politique en mai. Ce dernier, a-t-il indiqué, doit créer les conditions favorables à la tenue d’élections législatives crédibles et pacifiques en novembre.

Le représentant spécial de l’ONU a passé en revue la situation au Gabon, au Burundi et au Cameroun. Le Centre gabonais des élections, nouvellement établi, a entamé les préparatifs pour le prochain scrutin législatif, a-t-il signalé. Et parlant du Burundi, il a rappelé que le président Pierre Nkurunziza a promulgué une nouvelle Constitution après la validation des résultats du référendum du 17 mai par la Cour constitutionnelle. Plusieurs acteurs et partenaires ont exprimé leurs préoccupations selon lesquelles la réforme de la loi fondamentale pourrait réduire à néant les acquis de l’Accord d’Arusha, a-t-il ajouté.

S’agissant du Cameroun, François Louncény a averti que l’escalade de la violence et des tensions dans les régions nord-ouest et sud-ouest est une source de préoccupation majeure. Ce qui a fait que plus de deux cent mille réfugiés Camerounais sont enregistrés de l’autre côté de la frontière avec le Nigeria. De plus, sept activistes anglophones ont été condamnés à des peines allant jusqu’ à quinze ans de prison, pour des motifs notamment de terrorisme, a poursuivi François Louncény qui s’en est alarmé.

Comme solution à la crise dans le Cameroun anglophone, le représentant de l’ONU, qui est également le chef du Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale, a insisté sur l’importance d’un dialogue inclusif. Ce qui permettra, selon lui, de répondre aux doléances de la population de cette partie du pays, de garantir l’intégrité territoriale et la stabilité régionale. « Apaiser les tensions contribuera également à la bonne conduite des élections présidentielle, législatives et municipales prévues pour cette année », a-t-il souligné.

François Louncény a, par ailleurs, parlé des derniers développements de la situation en Centrafrique, en se disant encouragé par les conclusions de la deuxième phase de consultation avec les groupes armés. Pour clore son propos, il a exhorté les pays de la région à participer plus activement à l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation, encourageant fortement les autorités centrafricaines et les pays voisins à accélérer le processus de mise en œuvre des commissions mixtes pour traiter de questions telles que le contrôle des frontières et la transhumance.

 

 

Nestor N'Gampoula

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