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Alerte

Mercredi 8 Novembre 2017 - 10:39

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L’alerte dont il est ici question concerne la dégradation des voies de communication dans plusieurs départements qui aggrave dangereusement la crise économique que traverse depuis des mois le Congo en raison de la chute brutale des cours du pétrole sur les marchés mondiaux. Alors, en effet, que le Chemin de fer Congo Océan se trouve bloqué par les délabrements auxquels se livrent, dans le Pool, les Ninjas Nsiloulous du « pasteur » Ntoumi, les routes qui relient Brazzaville aux villes et villages des Plateaux, des deux Cuvette, de la Sangha, de la Likouala sont dans un état déplorable qui menace purement et simplement la poursuite des échanges entre la capitale, l’est et le nord du pays.

Il suffit, pour s’en convaincre, de prendre la Nationale 2, cette voie rapide qui relie la capitale à Nkouo et Odziba. Après le PK 45 et pendant plus de vingt kilomètres, la route y est en effet défoncée au point que la circulation devient sinon impossible, du moins hautement risquée puisque, le goudron ayant disparu, les véhicules doivent franchir des fossés plein d’eau et de boue dans lesquels beaucoup s’enlisent. Camions, camionnettes, autobus, simples véhicules, engins à deux roues se trouvent ainsi confrontés à des obstacles qu’il leur est de plus en plus difficile de franchir et qui rendent leur voyage chaque jour plus dangereux.

La conséquence directe de cette dégradation, à laquelle les pouvoirs publics ne semblent guère porter l’attention qu’elle mérite, est l’instauration d’une coupure qui ne dit pas encore son nom entre Brazzaville et les départements qui, jusqu’à présent, permettaient à notre capitale de s’approvisionner en produits alimentaires. Et cette coupure menace désormais très directement les marchés sur lesquels les ménagères se rendent chaque jour afin d’acheter du blé, du manioc, de la viande, des fruits, des légumes, des poissons qui leur permettront de nourrir leur famille. A très court terme, si un plan d’urgence n’est pas mis en place pour rétablir la libre circulation des personnes et des biens, l’on peut être certain qu’une fronde naîtra dans les quartiers populaires de la première ville du Congo.

Une fronde qui pourrait bien gagner ensuite les campagnes de cette partie du pays puisque la disparition des voies routières prive la population locale des moyens financiers que la vente quotidienne de ces produits lui procurait. Prenons-en conscience avant qu’il soit trop tard, il y a urgence !

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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