Beyoncé : un pas de plus vers l’égalité des genres

Samedi 25 Janvier 2014 - 8:45

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Beyoncé a une nouvelle fois brandi l’épée du féminisme, cette fois en publiant une tribune sur l’égalité des genres

À la fin du mois de décembre, elle chantait sur le disque surprise Flawless les mots de l’écrivain nigériane Chimamanda Ngozi Adichie : « Parce que je suis une femme, je suis censée aspirer au mariage. Je suis censée faire des choix en gardant à l’esprit que le mariage est le plus important de tous. Le mariage peut être source de joie, d’amour et de confort mutuel. Mais pourquoi enseigne-t-on aux filles qu’elles doivent se marier tandis qu’on ne dit rien aux garçons ? » Cette fois, la dix-septième femme la plus influente du monde, selon le classement Forbes 2013, s’appuie sur la parité en évoquant le domaine professionnel.

Le Shriver Reports, organisation consacrée à la modernisation des rapports hommes-femmes, a publié un court texte de la chanteuse Beyoncé intitulé L’égalité des genres est un mythe ! Celle-ci s’indigne de constater qu’aux États-Unis, « si les femmes représentent la moitié de la population active, l’Américaine moyenne ne gagne que 77 % du salaire moyen d’un homme ». Elle précise également qu’au-delà d’une égalité nécessaire entre l’homme et la femme, il y a une complémentarité entre les deux genres. Et cette complémentarité doit s’exercer dans une lutte efficace pour l’équité. Voilà pourquoi elle ne peut exister que si les hommes se soucient de la condition de « leurs femmes, mères et sœurs », de leurs revenus établis selon une grille de qualifications et non selon les sexes. Selon elle, le salut passe par l’éducation afin que l’égalité devienne un principe inné et non un but à atteindre.

Beyoncé parle au nom des États-Unis en évoquant la société américaine, mais son message est universel. La parité est le cheval de bataille de nombres d’États, et il commence à apparaître comme une notion indissociable d’un développement soutenu. Une équation évidente que Ludovic Oniangué, directeur de dabinet de la ministre de la Promotion de la femme et de l’Intégration, avait énoncé en juillet 2013 à Brazzaville à l’issue de cinq jours de travaux sur la question du genre : « L’émancipation économique et sociale des femmes et la promotion de la parité des sexes sont deux conditions essentielles à l’avènement d’un développement harmonieux et durable. La reconnaissance de l’égalité et de la parité permet d’enregistrer de meilleures performances économiques et d’améliorer les résultats sur les plans du progrès et de développement. »

Beyoncé : influence et polémique

Outre la voix des politiques, il est nécessaire d’entendre ce genre de messages diffusés à travers par une chanteuse aussi influente, pour la simple et bonne raison qu’elle place le sujet au cœur des débats, en témoigne la retombée médiatique de La tribune de Beyoncé.

En s’affirmant à la fois en tant que femme assumée, émancipée, mais aussi comme objet de désir (tenues légères et chorégraphies sexualisées), elle a essuyé des critiques sur l’ambiguïté et la confusion à propos des valeurs féministes qu’elle prétend prôner. Il faut garder en tête qu’une popstar ne se contente pas d’amasser les foules, sa figure et son adulation participent à une mutation des sociétés car bien souvent, elle fait office de modèle. Si celui de Beyoncé est de s’épanouir, s’affirmer personnellement en assumant qui elle veut être tout en criant au girl power, pourquoi pas ?

Morgane de Capèle