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Brazzaville-Alger

Samedi 1 Avril 2017 - 17:22

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Le Congo et l’Algérie viennent de relancer leur coopération à travers la signature de plusieurs accords à l’occasion de la visite d’Etat, fin mars, du président congolais, Denis Sassou N’Guesso, à Alger. Par le passé, Alger a contribué, à un rythme soutenu, à la formation des cadres congolais dans différents domaines. Cet élan avait été freiné par les effets conjugués de la grave crise interne que l’Algérie a traversée au cours de la décennie 1990 ; décennie durant laquelle, comme bien d’autres Africains, le Congo a aussi vécu sa part de désillusions à travers les tumultueux changements systémiques de l’époque.

Par le passé aussi, bien avant les mutations rappelées plus haut, le Congo et l’Algérie avaient en commun le partage de vues sur les luttes de libération des peuples du tiers-monde du joug colonial. D’où le rôle joué par chacun d’eux et leurs dirigeants respectifs au sein de l’organisation des pays non-alignés, laquelle a perdu de sa superbe avec la chute du Mur de Berlin en 1989. Il est peut-être possible de dire qu’en tout état de cause, s’agissant de l’indépendance de l’Afrique, Brazzaville et Alger n’ont pas finalement abandonné de regarder dans la même direction.

C’est ainsi qu’en plus des accords de coopération bilatérale touchant divers domaines, le Congo et l’Algérie ont, au cours de cette rencontre au sommet, évoqué le dossier libyen. La charge dévolue au chef de l’Etat congolais, de conduire le comité de haut niveau sur la crise en Libye suggère que tous les avis soient pris en compte, que le succès qui pourrait, à terme, conclure cette lourde mission de réconcilier les Libyens avec eux-mêmes revienne à tous. Dans une telle épreuve, bien entendu, le facilitateur doit être le plus ouvert possible, sans doute aussi le plus attentif.

Faisant partie du comité des 10 Etats africains désignés pour réfléchir à la situation en Libye, l’Algérie peut, en effet, apporter sa propre expérience dans la résolution du chaos qui triture son voisin. Pour envisager le bout du tunnel dans la crise d’une telle ampleur, c’est vrai, la seule bonne volonté des acteurs choisis ne suffira pas. Ainsi qu’il avait commencé il y a six ans, le conflit libyen s’est joué hors des frontières de ce pays. Dans ce qu’il est aujourd’hui, il est encore tributaire des pressions extérieures, et nul ne pourrait dire que les différentes factions libyennes soient en mesure de décider par elles-mêmes.

Se parler entre elles, c’est ce à quoi ces factions doivent parvenir, au nom de ce territoire doté d’immenses richesses qu’elles n’ont pas à ce jour ouvertement décidé de morceler en de micros-Etats. Le jour où, en acceptant de se faire violence, toutes les composantes en conflit décideront de s’asseoir autour d’une table, elles décèleront où se cache la petite bête qui retarde la réconciliation nationale. Elles réaliseront que divisées comme elles le sont jusqu’à présent, elles font le jeu des puissances extérieures qui ne sauront avoir le même amour pour leur pays que les Libyens eux-mêmes.

Pour tout dire, ces composantes faciliteront la tâche de ceux et celles de leurs frères et sœurs, en Afrique, qui font les pieds et les mains pour que la Libye regagne sa place sur le continent et dans le concert des nations du monde libre. A l’évidence, Brazzaville et Alger sont dans l’esprit de la mission confiée au comité de haut niveau qui plaide pour « une solution politique consensuelle et durable à la crise libyenne à même de préserver l'unité, l'intégrité territoriale et la cohésion de son peuple". Les présidents Abdelaziz Bouteflika et Denis Sassou N’Guesso l’ont rappelé lors de leur récente rencontre dans la capitale algérienne.

 

Gankama N'Siah

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