Centrafrique : Kémi Séba prône l’hostilité vis-à-vis des intérêts français

Mardi 18 Décembre 2018 - 16:00

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Le panafricaniste a organisé, le 16 décembre à Bangui, le deuxième « procès contre la Françafrique » pour dénoncer la politique française dans le pays depuis son indépendance, après le succès de cette initiative à Ouagadougou, au Burkina-Faso.

 

Les participants à l'activité ont noté, entre autres, l’instabilité politique et les multiples conflits « organisés et planifiés pour enrayer la paix sur le territoire national centrafricain et dans d’autres pays d’Afrique francophone ».

Kemi Seba a martelé: « Le monde entier sait quel rôle la France a joué dans la création des foyers de tensions en Centrafrique. Elle a mis le feu dans ce pays. C’est un pays qui souffre du néocolonialisme et de la Françafrique ».

Le but de cette mobilisation est d’éveiller, selon lui, la conscience du peuple centrafricain sur « les visées hégémoniques de l’Occident qui déploie des efforts aux fins de bénéficier des ressources naturelles du pays ». Aussi cette mobilisation « vise à appeler les autorités centrafricaines à tisser une nouvelle coopération avec les BRICS (Brésil, Russie, Inde et Afrique du Sud) ».

Le panafricaniste Kémi Séba s’est déclaré satisfait de l’engouement du peuple centrafricain à "ce procès de Françafrique " qu’il compare à celui de Ouagadougou, au Burkina-Faso « Je vais être très clair. Ouagadougou a réuni trois mille personnes et nous en avons réuni aujourd’hui plus de huit cents personnes en Centrafrique. Donc, on est dans une moindre ambiance qu’au Burkina-Faso mais, c’est par rapport au contexte centrafricain et c’est une belle performance de réunir plusieurs personnes pour des intérêts ayant trait à la politique et la géopolitique de manière générale. Je suis très fier des jeunes qui se sont mobilisés par plusieurs centaines aujourd’hui avec des témoignages qui étaient poignants, on a eu des douleurs exprimées et de nombreuses réflexions exposées et énoncées », a précisé le président de l’ONG Urgences panafricanistes.

« Il faut qu’on soit clair ; le combat politique que nous menons est une course de fond pas un sprint. L’essentiel aujourd’hui est qu’une graine panafricaine soit posée et que les consciences panafricaines puissent plus que jamais, progressivement, se réveiller. Nous ne prônons pas la violence mais l’intelligence. Il est temps aujourd’hui de renflouer le rang de notre mouvement ici et faire en sorte que des actions lucides, froides, intelligentes, dénuées de toute émotion, puissent être menées dans les jours à venir contre le néocolonialisme français » a insisté Kemi Seba.

Il a, en outre, encouragé les jeunes Centrafricains à « faire fi du travail des journalistes des médias français qu’il a qualifiés de ceux qui alimentent le conflit centrafricain ». L’ONG panafricaniste est une structure non gouvernementale qui lutte pour promouvoir l’unité africaine et se propose de faire du continent africain un espace qui puisse accéder au principe de l’autonomisation des pays africains, surtout celle de l’Afrique francophone.

« Le monde entier sait quel rôle la France a joué dans la création des foyers de tensions en Centrafrique. Elle a mis le feu dans ce pays. C’est un pays qui souffre du néocolonialisme et de la Françafrique », a conclu Kemi Seba.

Signalons que ce rassemblement a eu lieu à la veille du lancement du programme Désarmement, démobilisation etréintégration.

Yvette Reine Nzaba

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