Centrafrique : les autorités s’engagent à lutter contre l’impunité

Lundi 12 Novembre 2018 - 11:30

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Les dirigeants du pays ont réitéré leur volonté à l’occasion de la 31e session de l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’Homme qui se tient jusqu’au 16 novembre à Genève, en Suisse.

Relevant la particularité des crises à répétition en Centrafrique, le représentant permanent de ce pays auprès de l’ONU, Léopold Ismaël Samba, a noté « la recrudescence de graves crimes et de violations massives des droits de l’Homme par des groupes armés, essentiellement à l’encontre de la population la plus vulnérable ». Il a souligné que si le nombre des victimes du conflit en République centrafricaine (RCA) s’est chiffré en milliers de morts, de déplacés internes et de réfugiés, c’est surtout du fait de « l’absence de l’autorité de l’Etat et notamment judiciaire dans les zones contrôlées par les mouvements rebelles ».

L’ambassadeur a rappelé les mesures prises dès le retour à la légalité constitutionnelle par les autorités centrafricaines. « Le gouvernement s’est aussitôt engagé à lutter contre cette intolérable et inacceptable impunité », a déclaré Léopold Ismaël Samba, ajoutant que Bangui insiste pour que les auteurs de ces crimes soient soumis à des procès justes et équitables. Ce qui permettra, d’après le diplomate, de rendre justice aux victimes de toutes ces atrocités et autres crimes mais aussi de prévenir la commission de nouveaux crimes et surtout permettre d’envisager sereinement la réconciliation nationale tant souhaitée par le peuple. « Faire justice pour les crimes graves est la condition sine qua non pour une paix durable et une réconciliation véritable en Centrafrique », t-il ajouté.

Les dirigeants centrafricains se sont une nouvelle fois engagés à lutter contre l’impunité puisque dans un rapport établi par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, des ONG avaient signalé, depuis 2013, que des groupes armés, en particulier les milices ex-Séléka et antibalaka, ont continué de procéder à des exécutions extrajudiciaires. Elles relevaient aussi que les éléments armés continuaient à commettre des atrocités contre la population dans le nord-est, le nord-ouest et le centre du pays. Cette situation avait conduit les services de la Haut-Commissaire, Michelle Bachelet, à exprimer leur préoccupation, notamment du fait des discours haineux et de l’incitation à la violence fondés sur la religion, tenus par les groupes rivaux à travers le pays.

Dans son combat contre l’impunité, la Centrafrique a mis en avant l’opérationnalisation de la Cour pénale spéciale qui s’est matérialisée dès 2017 par la nomination de magistrats internationaux et de cinq nationaux. La session inaugurale de cette cour, qui avait eu lieu le 22 octobre dernier, consacre son installation effective et le lancement officiel de ses activités judiciaires vers l’objectif zéro impunité dans le pays, selon le diplomate centrafricain.

S’agissant de la mise en œuvre du Programme de désarmement, démobilisation réintégration et rapatriement, Léopold Ismael Samba a dit que quatorze groupes y ont déjà adhéré dès le lancement du projet pilote le 30 août 2017. Une liste de quatre cent quatre-vingts ex-combattants a été proposée par ces groupes armés. Sur ce nombre, deux cent quarante ont été retenus pour être intégrés dans les Forces armées centrafricaines.

Pour garantir définitivement le retour de la paix et la sécurité, la RCA estime qu’il faut impérativement restaurer un véritable État de droit. « Nous ne sommes pas loin de cet objectif, à condition que la communauté internationale maintienne son soutien indispensable aux efforts du gouvernement », a assuré le diplomate.

Les ambassadeurs de sept pays (Portugal, Liechtenstein, Belgique, Slovénie, Royaume-Uni, Allemagne et Suède) ont exprimé leurs préoccupations, entre autres, sur des violences faites aux femmes, l’abolition de la peine de mort et la restauration de l’État dans certaines préfectures centrafricaines.

Notons que si tous les préfets sont désormais installés, le rétablissement de l’autorité de l’Etat n’est pas encore effectif en RCA. Il passe inévitablement par le redéploiement des magistrats, des forces de défense et de sécurité dans leur zone de juridiction respective.

 

 

 

Nestor N'Gampoula

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