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Chercheur en histoire

Lundi 9 Octobre 2017 - 9:59

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Une plume aiguisée, à l’affut du moindre mot, déplacé ou non, glissé par les acteurs de la société dans laquelle elle vit ; du moindre geste accompli par eux, même du moindre pas de danse exhibé quelque part, dans un coin du Congo, à Brazzaville notamment, ou à Kinshasa tout proche. Cela s’entend que la personne qui tient cette plume dispose du temps nécessaire pour tourner et retourner les arcanes des coutumes de l’espace géographique et temporel qu’elle partage avec sa famille, ses amis et connaissances, avec ses compatriotes tout simplement. Cela suppose aussi de sa part une volonté chevillée au corps de ne pas se lasser, de ne jamais abandonner, de trouver dans la passion d’écrire une compagnie utile, exigeante et riche en émotions, mais en tous points de vue guettée par le stress et le dépit. La note gaie est que notre chercheur est davantage optimiste et gagneur.

De quoi cette plume parle souvent : de la vie de tous les jours chez les Congolais qu’ont dit de Brazzaville et chez ceux qu’on classe de Kinshasa. Les bars, les marchés, les magasins, les rues, les écoles, les ronds-points, les stades, les amphithéâtres sont listés à longueur de pages. Elle laisse dire que depuis la nuit des temps, avant l’arrivée et le départ des colons, ces peuples-là ont presque toujours tout fait ensemble, qu’ils ont tout échangé, que même s’ils restent jaloux de leurs pays respectifs, ils n’ont pas envisagé de ne plus se fréquenter, de ne plus se chuchoter quelque chose à l’oreille. Coïncidence de l’histoire avec grand H-, ils ont en commun plus ou moins les mêmes langues, la principale qu’ils écrivent abondamment sur papier, tchatchent sur le Net et enseignent à leurs enfants à l’école étant la même apprise auprès de ces mêmes colons. Cette plume reprend les noms, prénoms, surnoms, dates et lieux de naissance de ceux ou celles qui font l’histoire, elle se souvient des moments de gloire, des temps de détresse quand l’une de ces icônes en réfère à Dieu-le-Père et lui confie son âme pour l’éternité.

De quoi cette plume parle encore : de politique dans ce qu’elle a de sublime, quand les entrepreneurs du secteur deviennent vertueux, se dépensent pour ceux qui les suivent et croient en eux avec conviction ; mais aussi dans ce qu’elle a de dégoûtant quand ces derniers deviennent des inconsolables de la déroute, se lâchent sur leurs compatriotes, les écrasent du poids de leurs turpitudes. Elle cite les noms, prénoms, surnoms, grades, se fait volontiers admiratrice ou pourfendeuse, mais toujours avec cette soif de vouloir dire la vérité à tout prix qui peut paraître blessante voire donneuse de leçons. Ceux qui la fréquentent disent qu’elle a du tout au tout tempéré son rapport aux autres, mais pas au point, ajoutent-ils, de trahir sa passion pour le métier de journaliste qu’elle a choisi jeune et - cerise sur le gâteau- de se départir de cette autre dimension du métier d’informer qui lui tient à cœur :  décortiquer l’histoire d’hier et d’aujourd’hui dans la perspective de renseigner demain. Vous savez bien de qui on parle en lisant la rubrique de Mfumu dans Les Dépêches de Brazzaville.

Gankama N'Siah

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Édition Quotidienne (DB)

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