Coalition FCC-Cach : laborieuses tractations pour la formation du gouvernement

Mardi 28 Mai 2019 - 19:00

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Les délégués des deux plates-formes politiques se sont retranchés dernièrement à Kisantu (Kongo central) pour discuter sur la composition de l’exécutif national, au lendemain de la nomination du Premier ministre, mais ont du mal à dégager un consensus.

Les derniers échos ne sont guère rassurants et tout porte à croire qu’on a encore de beaux jours à compter avant la publication de l’équipe gouvernementale, attendue avant le 15 juin, qui consacrera la fin de la session parlementaire en cours. Les tractations, à ce stade, tendent à s’enliser au regard des divergences d’approche qui se sont fait jour avec des dissensions qui secouent en interne les principaux regroupements politiques concernés. Fort de sa majorité acquise aux scrutins de décembre 2018, le Front commun pour le Congo (FCC), qui contrôle déjà les deux chambres du parlement, exigerait 80 % de postes ministériels, obligeant ainsi le Cap pour le changement (Cach) à ne se contenter que de 20%.

En fait, c’est le PPRD, en tant que parti phare de la plate-forme de l’ex-chef de l'Etat, Joseph Kabila, qui dicte le tempo, affichant des ambitions considérées comme démesurées par des partis politiques alliés visiblement laissés pour compte dans ce partage. Les délégués du FCC n’entendent donc rien lâcher et tiennent à ce que la répartition des postes se fasse au prorata du poids politique des uns et des autres au sein du parlement. Suivant cette logique, le Cach qui ne compte qu’une quarantaine des députés à la chambre basse ne pourra se contenter que de la portion congrue, à l’opposé du FCC qui revendique plus de trois cents dans l’hémicycle. Bien que les deux forces politiques fassent partie d’une coalition, il est un fait que toute disparité prononcée dans l’octroi des portefeuilles ministériels risquerait de créer un profond malaise.

La boulimie du FCC pointée du doigt

Et déjà, des voix s’élèvent dans le camp du Cach pour fustiger la frénésie boulimique du FCC qui tient à avoir le contrôle de toutes les institutions du pays. Il se susurre que le FCC réclamerait également les ministères de souveraineté, à savoir la Défense, l’Intérieur, les Affaires étrangères et les Finances. Des domaines qui seraient, d’après ses négociateurs, réservés à son autorité morale, Joseph Kabila Kabange. Ce que refusent d’admettre les délégués du Cach pour qui ces postes ministériels sont des secteurs régaliens réputés domaines exclusifs du chef de l'Etat. « Il n'y a pas deux chefs d'Etat. Autorité morale d'une majorité au parlement n'est pas une institution constitutionnelle », répliquent-ils à leurs contradicteurs. A en croire des sources, il n’est pas exclu que le FCC fasse mauvaise fortune bon cœur en cédant au Cach certains de ces ministères « pour permettre au président de la République d’imprimer sa vision au sein du gouvernement ». Cependant, rien n’est encore acquis. 

Une chose est sûre, le prochain gouvernement sera l’apanage de la coalition FCC-Cach qui livrera le gros contingent de ses animateurs en tant que force majoritaire du pays. Le coordonnateur du FCC, Néhémie Mwilanya, avait même déjà donné le ton en indiquant que tout celui qui n’adhère pas au programme commun signé de concert avec le Cach ne participera pas au gouvernement.

« Nous, nous travaillons en tant que coalition. Y a-t-il de raison pour que ceux qui n’en font pas partie puissent participer au gouvernement ? C’est à eux de souscrire d’abord au programme commun de la coalition. Nous n’avons pas une telle offre jusque-là », avait-il précisé.

D’après des indiscrétions, il appert que plusieurs cadres de « Lamuka », en rupture de ban avec Martin Fayulu, l’ex- challenger de Félix Tshisekedi à la présidentielle, feraient déjà des appels de pied pour participer au gouvernement en gestation. Mais la formation de cette équipe risque de tirer en longueur, d’autant plus qu’au FCC et au Cach, des dissensions persistent en interne. Une situation qui, selon des analystes, risquerait d’influer négativement sur les tractations en cours. Il y a donc lieu de parer au plus pressé en dotant le pays d’un nouveau gouvernement afin qu’il revienne à la normalité en retrouvant son équilibre institutionnel.

Alain Diasso

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