Congo-Rwanda : le président Denis Sassou N'Guesso a assisté aux commémorations des vingt ans du génocide rwandais

Mardi 8 Avril 2014 - 14:00

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Après avoir pris part, le 7 avril, aux côtés d’autres chefs africains à la commémoration du vingtième anniversaire du génocide rwandais, le président Denis Sassou N’Guesso a regagné Brazzaville ce 8 avril en fin de matinée, en compagnie de son épouse, Antoinette Sassou N'Guesso

Les cérémonies commémoratives du génocide rwandais ont été lancées officiellement le 7 avril, à Kigali, la capitale du Rwanda. Le coup d'envoi a été donné par le président Paul Kagamé qui a allumé la flamme de l'espérance au mémorial de Gisozi, assisté du secrétaire général de Nations unies, Ban Ki-Moon.

Les manifestations se sont poursuivies au stade Amahoro de Kigali où plusieurs allocutions ont été prononcées, entre autres, par le président ougandais, Yoweri Museveni, la présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkossazana Dlamani Zuma, et le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Ban Ki-Moon.



Par delà l'émotion et la tristesse ressenties par toutes les personnes rassemblées au stade, le message essentiel délivré par les orateurs a été celui du réconfort et du dépassement. Clôturant la série des interventions, le président Kagamé n’a cependant pas hésité à dénoncer « la responsabilité des Européens » dans ce qui est arrivé à son pays. « Les théories coloniales sur la société rwandaise imposèrent l'idée que l'hostilité entre Hutu, Tutsi, Twa était permanente et nécessaire. C'est ainsi que fut lancé ce qui deviendra le génocide des Tutsi tel que nous l'avons vécu il y a vingt ans », a-t-il souligné, invitant ses compatriotes au sursaut : « Si nous sommes tous rassemblés ici, c'est pour nous rappeler ce qui s'est passé tout en nous réconfortant mutuellement. »

Un autre moment fort de cette journée a été le spectacle baptisé « Kwibuka 20 » (Souviens-toi, il y a vingt ans), qui a revisité l'histoire du Rwanda, de la période coloniale au génocide et à la reconstruction du pays. Sept cents chanteurs et comédiens se sont ainsi relayés sur une scène installée sur la pelouse du stade Amahoro, au pied d’une structure de bambou en forme de flamme, avec des rampes placées en arc. Vue d’en haut, l’ensemble évoque un tourbillon enflammé.

Dès le début du spectacle, 700 personnes se sont brusquement couchées sur le gazon, évoquant ainsi le génocide de 1994, réveillant des souvenirs enfouis et déclenchant pleurs et lamentations dans le stade. Un moment d'intenses émotions, dira-t-on. Le spectacle s'est achevé sur un chœur d'enfants censé incarner l'espérance et la réconciliation de tous les Rwandais.

Les commémorations s’étaleront sur cent jours pour symboliser les trois mois du génocide, durant lequel huit cent mille personnes, essentiellement des Tutsi, mais aussi des Hutus modérés furent massacrées.
 Parmi les hôtes de marque du président rwandais se trouvaient les présidents Denis Sassou-N'guesso (Congo), Yoweri Museveni (Ouganda), Uhuru Kenyatta (Kenya), Ali Bongo (Gabon), Haïlémariam Desalegn (Éthiopie), Salva Kir (Soudan du Sud), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali),  Nkossazana Dlamani Zuma, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair ou encore l'ex-président sud-africain Thabo Mbeki.

Les Dépêches de Brazzaville