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Congolaises, Congolais

Samedi 9 Février 2019 - 19:18

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… Mes chers compatriotes. Cette formule d’appel est la même que l’on entend à Brazzaville et à Kinshasa, lorsqu’à l’occasion d’une déclaration solennelle, les présidents des deux Congo s’adressent à leurs compatriotes. Pour dire que ce qui rassemble les deux pays, ce n’est pas seulement la proximité de leurs capitales respectives, c’est finalement aussi les noms Congo qu’ils portent.

La visite que le président de République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a effectuée à Brazzaville, les 7-8 février, a montré un net réchauffement des relations avec Kinshasa. Accueilli avec solennité par son homologue, Denis Sassou N’Guesso, il a pu apprécier l’enthousiasme manifesté à son arrivée par la forte communauté rd-congolaise sur place. Au cours de la réception qu’il a organisée avec les membres de celle-ci, Félix Tshisekedi a noté combien ils souhaitent voir leur pays tourner définitivement le dos aux violences auxquelles il fait face depuis des années pour se mettre résolument au travail.

Ce qui va compter pour les jours à venir, entre les deux Congo, sera que leurs gouvernements respectifs réactivent les mécanismes d’entente et de coopération conçus de longue date, dont la mise en œuvre a souvent été retardée par des impératifs de politique intérieure de chaque pays. Il est tout à fait clair qu’entre voisins, de temps en temps, parfois même de façon quasi régulière, des frictions se font jour et l’on voit se développer des discours incitant à la rupture des liens diplomatiques. La France et l’Italie se sont agacées mutuellement la semaine dernière au point que Paris, se disant « outragée » par Rome, a rappelé son ambassadeur en poste, jeudi 7 février.  

En 2013, à la suite du rapatriement des résidents Rd-congolais dans le cadre de l’opération Mbata ya Bakolo, les langues s’étaient fortement déliées sur les deux rives du fleuve Congo pour la dénoncer ou la justifier. Depuis, les échanges commerciaux par voie fluviale, en particulier entre Brazzaville et Kinshasa, ont perdu de leur attractivité. Des tentatives de relance plusieurs fois annoncées n’ont pas abouti, même si les traversées vers l’une et l’autre capitale n’ont pas cessé.

Va-t-on assister à la reprise de ce trafic comme ce fut le cas par le passé ?

De ce qui précède, une telle perspective suppose la reprise des discussions par les deux parties. La relance des échanges permettrait à coup sûr d’occuper des dizaines, voire des centaines de personnes dont cette activité constituait la principale source de revenu. Quand ce sera le cas, sans doute les experts congolo-congolais prendront en ligne de compte l’objectif de mieux sécuriser leurs frontières communes, de mieux organiser la circulation des personnes et des biens, de façon à ce que résider à Brazzaville ou à Kinshasa pour les ressortissants des deux Congo ne soit plus source de tensions sécuritaires.

Gankama N'Siah

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