Corruption des députés provinciaux : les églises protestantes tirent la sonnette d’alarme

Mercredi 20 Février 2019 - 14:30

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L’Eglise du christ au Congo (ECC) annonce la tenue, dans les prochains jours, d’une grande concertation à laquelle sera associée l’Eglise catholique et d’autres mouvements de la société civile pour proposer des actions concrètes en rapport avec les allégations de corruption des élus provinciaux.

https://lh3.googleusercontent.com/-79K7cpI0elY/Wl4yczgClNI/AAAAAAACIr8/VvWszSHzOuk47A1DKaJQc63IYIvr3iq5ACHMYBhgL/9.jpg?imgmax=500L’affaire de corruption des grands électeurs que sont les députés provinciaux par les candidats sénateurs et gouverneurs, en prévision des élections prévues au mois de mars, continue à faire grand bruit.

Après le tollé exprimé par des ONG et autres mouvements citoyens, c’est au tour des religieux d’interpeller la conscience  collective du danger qui plane sur la République du fait de cette pratique. L’ECC s'est exprimée sur la question, le 19 février, à l’occasion du 13e anniversaire de la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC), craignant pour l’avenir de  la démocratie dans le pays. « L’alternance politique ne peut être bénéfique pour la démocratie qu’à condition que la corruption soit combattue », a prévenu l’Église protestante dans une déclaration lue devant la presse par son porte-parole, le pasteur Eric Nsenga. « Si, pour des grands électeurs, la chambre haute qui est le Sénat, les gouverneurs, les assemblées provinciales qui doivent constituer l’architecture institutionnelle de notre pays, il se passe la corruption à ce niveau-là, nous nous inquiétons sur l’avenir de notre démocratie », a-t-il déclaré.   

En fait, l’ECC affirme détenir des faits palpables de cette corruption et entend les mettre à la disposition du parquet pour une éventuelle instruction. Elle se veut défenseure de la morale publique et espère mobiliser en faveur de la consolidation de la paix et de l’unité nationale.  « L’Eglise de Christ au Congo, de par sa mission prophétique censée protéger et défendre la moralité publique pour la sauvegarde de la mère-patrie, s’insurge contre certaines pratiques de corruption et d’antivaleurs sur la manière dont se négocient les postes de responsabilité au niveau des gouvernorats, des bureaux des assemblées provinciales et nationales ainsi que des sièges sénatoriaux au risque d’entamer la marche vers l’effectivité de l’Etat de droit. A l’effet de ce constat amer, l’Eglise du Christ au Congo rappelle aux uns et aux autres de se conformer aux prescrits tant élogieux contenus dans les préambules de notre Constitution », a fait savoir le pasteur Eric Nsenga.   

L’occasion était également propice pour lever l'équivoque sur la prétendue politisation de l'Eglise. Pour le pasteur Eric Nsenga, l’ECC est bien dans son rôle d’éveilleuse de conscience en dénonçant certains abus et antivaleurs qui gangrènent le pays. « Cela rentre dans nos compétences des sentinelles de la Nation, les gardiens des valeurs morales publiques, mais aussi d’acteurs dans le jeu politique », a-t-il dit. Il a annoncé, dans la foulée, la tenue dans les prochains jours d’une grande concertation à laquelle sera associée l’Eglise catholique et d’autres mouvements de la société civile pour proposer des actions concrètes en rapport avec les soupçons de corruption des députés provinciaux.

Alain Diasso

Légendes et crédits photo : 

Les révérends-pasteurs responsables de l’Église protestante au Congo

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