Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo bientôt libérée

Mardi 7 Août 2018 - 15:17

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Alors qu’elle purge depuis 2015 une peine de vingt ans pour atteinte à la sûreté de l’Etat, dans le cadre de la crise post-électorale 2010- 2011, l’ex-première dame ivoirienne va bénéficier de l’amnistie prononcée le 6 août par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, à la veille de la célébration de la fête nationale.

Pour favoriser la réconciliation nationale, le président Ouattara a annoncé l’amnistie de huit cents personnes. Outre Simone Gbagbo, plusieurs personnalités sont concernées par cette grâce. Il s’agit de l’ancien ministre de la Défense, Lida Kouassi, condamné pour complot, et l'ancien ministre de la Construction, Assoa Adou, condamné pour trouble à l'ordre public. Enfin, Souleymane Kamaraté (dit « Soul to Soul »), proche du président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro.

« J’ai procédé ce lundi à la signature d'une ordonnance d'amnistie qui bénéficiera à environ huit cents concitoyens poursuivis ou condamnés pour des infractions en lien avec la crise post-électorale de 2010-2011 ou des infractions contre la sûreté de l’Etat commises après le 21 mai 2011 », a déclaré le chef de l’Etat ivoirien.
« Environ cinq cents sont déjà en liberté provisoire ou en exil et verront leurs condamnations pénales effacées. Il sera mis fin aux poursuites (…) Il en sera de même pour les trois cents autres personnes détenues qui seront libérées prochainement », a-t-il précisé.
À présent, tous les regards sont désormais braqués vers l’école de gendarmerie d’Abidjan où l’ex-première dame est incarcérée. Une libération qui, selon ses avocats, interviendra dans les prochains jours dès que l’ordonnance présidentielle sera transmise à la justice. Pour Me Ange Rodrigue Dadjé, « c’est un grand soulagement. Une grande joie également. Pour le compte de l’équipe de défense, je suis venu lui annoncer ce soir en personne sa mise en liberté et elle m’a regardé, elle a souri et a dit : "Je suis très ravie de cette décision". Je me réjouis de rentrer chez moi à la maison, de retrouver ma famille après sept ans de détention. On ne s’y attendait pas vraiment" ».

Cependant, le président ivoirien a indiqué qu’une soixantaine de militaires et de membres de groupes armés ayant commis des crimes de sang restera en prison.
Signalons qu’en 2017, Simone Gbagbo avait été acquittée à la surprise générale lors de son procès aux assises à Abidjan pour crimes contre l’humanité pendant la crise post-électorale. Mais ce jugement venait d’être cassé, le 26 juillet dernier, par la Cour Suprême, qui avait demandé son renvoi devant une nouvelle cour d’assises. L’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, est, quant à lui, détenu à la Haye depuis sept ans par la Cour pénale internationale, qui le juge depuis 2016 pour crimes contre l’humanité, des faits remontant à la crise de 2010-2011 qui aurait fait trois mille morts.
Autre annonce, celle de la recomposition de la Commission électorale indépendante conformément aux recommandations de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Une recomposition que le président ivoirien souhaite inclusive pour que les prochaines élections se passent sans violences. Cette annonce a été saluée par la société civile.
 

Yvette Reine Nzaba

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