Opinion

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C.P.I.

Jeudi 9 Octobre 2014 - 10:37

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Ce que l’incroyable comparution d’Uhuru Kenyatta devant la Cour pénale internationale a confirmé est que les jours du système judiciaire hérité de la période coloniale sont comptés. En venant à La Haye défendre tout à la fois son honneur et l’indépendance de son pays, le Président du Kenya a dit, en effet, haut et fort ce que tous les dirigeants africains pensent aujourd’hui sans toujours oser le dire : à savoir que le temps est venu de réformer une justice dite « internationale » qui s’en prend de façon quasi exclusive aux Africains et laisse les pires tragédies se dérouler partout ailleurs dans le monde sans se soucier d’en traduire les auteurs devant elle.

L’idée qui conduisit à la naissance de la C.P.I., il y a douze ans, était aussi noble qu’imprécise : elle reposait sur l’idée que l’instauration d’une justice indépendante dotée de pouvoirs réels et agissant à l’échelle mondiale susciterait de telles craintes dans les lieux de pouvoir qu’elle parviendrait peut-être à empêcher les crimes à venir contre l’humanité. Mais l’homme étant ce qu’il est, c’est-à-dire porté à édifier des Tours de Babel aussi pesantes qu’inutiles, la Cour de La Haye s’est enfermée dans un système clos que dirigent des hommes et des femmes, certes de grande compétence mais dépourvus de la  légitimité nécessaire pour juger leurs prochains.

Installée à la Haye, au cœur même de ce qui fut l’Europe coloniale, la C.P.I. n’a pas tardé à consacrer l’essentiel de ses investigations à l’Afrique. Elle a jugé les responsables de la terrible guerre de Yougoslavie mais son attention s’est peu à peu concentrée sur notre continent, ce qui l’a conduit tout naturellement à ignorer les drames qui se déroulent ailleurs. Un semblable comportement lui a valu à plusieurs reprises, dans les dernières années, d’être rappelée à l’ordre par l’Union africaine.

L’audition de Uhuru Kenyatta le confirme donc sans ambiguïté : le temps est venu de réformer un système judiciaire international qui s’est disqualifié au point de restaurer une justice raciale que l’on croyait, que l’on espérait, à jamais révolue.

 

Les Dépêches de Brazzaville

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