Développement durable : accroître le nombre d’agriculteurs pour vaincre l’insécurité alimentaire

Samedi 19 Octobre 2013 - 16:00

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Dans la perspective de gagner le pari de l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2025, le gouvernement congolais veut mettre des bouchées doubles pour favoriser une plus grande productivité des denrées alimentaires pour un développement plus durable

 Afin de réduire le taux d’importation et de favoriser une plus grande participation de tous au secteur agricole, le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage envisage d’organiser, à travers l’ensemble du pays, un recensement général des producteurs.

L’opération se fixe comme objectif d’identifier les agriculteurs et producteurs susceptibles de contribuer à la lutte contre la faim et la sous-alimentation chronique qui touchent près de 870 millions des personnes à travers le monde, selon la FAO.

En effet, avec moins de 500 000 agriculteurs, le Congo qui compte près de 10 millions de terres non cultivées devrait tout mettre en œuvre pour intéresser davantage de personnes à travailler la terre.

« Les Congolais doivent revenir à la terre pour un développement durable, car ce secteur est celui de l'avenir. J’exhorte les agriculteurs à se considérer, à être fier de leur travail, parce qu’ils méritent dignité et honneur en raison de la grandeur de leur place dans la diversification de l’économie », a indiqué le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Rigobert Maboundou.

Promouvoir les initiatives privées

Conscient du fait que favoriser une plus grande production contribuerait à atteindre le défi de pays émergents à l’horizon 2025 qui passe avant tout par une alimentation saine et abondante, le ministère de l’Agriculture entend soutenir les initiatives privées par un appui substantiel aux producteurs agricoles.

Ainsi, en vue de favoriser les meilleures conditions de travail et d'améliorer le rendement des producteurs, une campagne agricole 2013-2014 a été officiellement lancée le 16 octobre à Sibiti, dans le département de la Lékoumou.

Ce lancement qui a coïncidé avec la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation est une occasion, aussi bien pour le gouvernement que les partenaires au développement, de réitérer leur engagement au développement du secteur agricole, dont la place est de mise dans la lutte contre la pauvreté et la diversification de l’économie.

« L’heure est venue de briser le silence sur l’insécurité alimentaire et la malnutrition sous toutes ses formes. Si nous ne le faisons pas, nos efforts post 2015 pour éliminer la faim n’atteindront pas tout le monde, et certainement pas les plus pauvres et les plus exclus », a rappelé le représentant résident de la FAO au Congo, Dieudonné Koguiyagda, à l’occasion de la Journée de l’alimentation.

Pour le gouvernement, la campagne agricole est le moment d’évaluer le travail des producteurs et de lancer des messages en direction de ceux qui désirent y adhérer pour les encourager à gagner le défi de l’autosuffisance alimentaire.

« Il est temps de ne plus compter seulement sur le pétrole qui est une richesse épuisable. Il faut donc le substituer à d’autres richesses de la terre, notamment l’agriculture », a déclaré le ministre de l’Agriculture, soulignant que la production alimentaire du Congo ne devrait plus dépendre comme jadis de l’État, mais des initiatives privées.

Ainsi, en vue de les encourager à une plus grande production, une distribution de semences choisies selon les besoins des cultivateurs de l’ensemble du pays sera faite tout au long de cette campagne nationale aux petits exploitants agricoles. Outre les semences, des moulins (simple et mixte), des décortiqueuses et des motos pour les chefs de secteur agricole ont été mis à la disposition des groupements agricoles.

Toutefois, dans le but de réduire la malnutrition  maternelle considérée comme l’une des principales voies de transmission de la pauvreté d’une génération à l’autre, les agences du Système des Nations unies invitent le gouvernement à faire le plaidoyer pour la sécurité alimentaire en faveur des plus pauvres et des personnes vulnérables.

Guy-Gervais Kitina