Différend sur le barrage de la Renaissance: une rencontre tripartite s'ouvre ce 20 février au Caire

Mardi 19 Février 2019 - 13:30

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La question relative au remplissage du réservoir du Grand barrage de la renaissance éthiopienne (Gerd) continue à diviser Ethiopiens et Egyptiens.

Le 32e sommet de l’Union africaine, tenu récemment à Addis-Abeba, en Ethiopie, a été l’occasion pour les chefs d’Etat égyptien, éthiopien et soudanais d'arrondir les angles sur la situation du barrage de la Renaissance. Ce qui n'a pas été le cas. Les trois parties n'étant pas parvenues à une vision unifiée en matière de remplissage et d’exploitation du réservoir.

Une nouvelle rencontre tripartite (Egypte, Ethiopie et Soudan) se tiendra ce 20 février au Caire, en Egypte, dans le but de dépasser ce point d’achoppement entre les deux pays. Celle-ci intervient au moment où le raïs égyptien vient de prendre la présidence de l'Union africaine. 

Les discussions porteront sur la durée du remplissage du réservoir du barrage d’une contenance de soixante-quatorze milliards de mètres cubes. Alors que l’Ethiopie souhaite étaler la durée du remplissage de la citerne sur cinq et six ans, afin de pouvoir produire rapidement et de manière efficiente de l’électricité, l’Egypte campe sur une durée plus longue allant de dix à douze ans nécessaires pour ne pas baisser le débit de la quantité d’eau du Nil et impacter négativement sur les pays en aval.

Selon les experts égyptiens, un remplissage sur un délai court priverait l’Egypte de 12 à 25% des eaux nécessaires à sa population, son agriculture et son industrie. L'Ethiopie a démarré la construction du barrage, le plus imposant d’Afrique, en mai 2011, suscitant la désapprobation de ses voisins qui l’accusent de réaliser l’ouvrage sans consulter les autres riverains en aval du Nil -le Soudan et l’Egypte-, conformément aux accords internationaux sur le partage des eaux du fleuve. Les Egyptiens faisant allusion aux accords de 1929 et 1959, qui avaient réservé quatre-vingts milliards de mètres cubes d’eau du Nil à l’Egypte et au Soudan.

Ces accords accordaient aussi à l’Egypte le droit de s’opposer à tout projet susceptible de porter atteinte à sa part des eaux du Nil en Ouganda, au Kenya, en Tanzanie et au Soudan. C'est un barrage hydroélectrique d’un coût global de plus de 4,8 milliards de dollars et doté d’une capacité de 6 450 MW.

Noël Ndong

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