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Djoson chante

Samedi 8 Août 2020 - 17:52

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Il fait partie de la nouvelle génération des artistes-musiciens que compte le Congo. Djoson Philosophe, c’est son nom de scène, puise dans l’immense patrimoine musical des deux rives du fleuve que les deux Congo ont en partage pour rendre sa rumba accessible à d’autres harmonies. Au point de jouer sur les sons et les couleurs d’un univers qui lui procure une certaine énergie dans le chant et le rythme. Un passage à la Havane lui a valu le petit nom de El Caliente (la chaleur) signé des mélomanes cubains.

Comme si à chaque séjour loin de son Congo natal il rapportait un trophée, le jeune musicien qui se prénomme aussi the Winner a vite fait de se revendiquer O Vencedor, la déclinaison lusophone de ce sobriquet en souvenir de son passage à Salvador de Bahia au Brésil. C’est donc le Vainqueur. Sur la tendance des gens du monde du show-biz à se donner un nouveau pseudonyme, presque pour ne pas vieillir, Papa Wemba a marqué les esprits en multipliant les siens.  

Natif de Brazzaville où il se donne à fond pour le métier qu’il a choisi et qu’il chérit, Djoson Philosophe fait aussi un peu dans la bravade. A commencer par le nom de son groupe Super Nkolo Mboka. On sait que l’emblématique Bantous de la capitale, fortune inaliénable du Congo-Brazzaville est Bakolo Mboka, que du côté du Congo-Kinshasa, l’inusable Zaïko Langa-Langa de Jossart Nyoka Longo est Nkolo Mboka. De là à ce qu’un gosse devienne le Super Nkolo Mboka, il y a de quoi s’interroger.

S’interroger pour savoir s’il n’est pas dans la posture du bras de fer avec les anciens, détenteurs du secret de la rumba et de toute l’orchestration qui suit. A l’audition de ses chansons, cette interrogation tombe et l’inquiétude pour sa carrière se dissipe. Djoson est sur les pas des plus vieux qu’il honore par les paroles et les invocations. Il cite les grands de la première génération, mentionne ceux qui leur ont succédé, ne se prend pas en grippe avec tous les autres « gamins » de sa génération qui font la fierté de la musique congolo-congolaise.

On vous invitera à écouter son dernier album et d’y voir un agencement de sonorités, une suite de thématiques et toujours un peu de chaleur dans la confection de l’ensemble. Il l’a nommé Multicolor. Pour, se défend-il, laisser dire à tous ceux qui vénèrent le partage de savourer les rythmes d’ici et d’ailleurs dans ce qu’ils peuvent avoir de merveilleux. Il confesse que son idée est de porter haut l’étendard de la musique de chez lui, de défendre la culture de son Congo natal et prier que ceux qui pratiquent ce métier bénéficient du soutien des mécènes pour qu’il soit mieux valorisé. Il n’oublie pas que cela passe aussi par l’effort de ceux qui l’exercent avec fierté. Dans cette fourchette, ils sont nombreux les jeunes congolais qui rêvant de vivre de leur art appellent à l’aide.

Gankama N'Siah

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