Drame du poste de sécurité publique de Chacona : le verdict attendu le 28 février

Lundi 11 Février 2019 - 18:00

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Le procureur a réquis quatre ans d'emprisonnement ferme pour le commissaire ainsi que son adjoint et, deux ans pour les autres policiers, assorti d'une amende de cinq cent mille FCFA pour chacun d'eux.

L'audience du 9 février a été consacrée aux plaidoiries et réquisitions des avocats de la partie civile, du parquet de la République et des avocats de la défense, à la troisième Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Brazzaville.

Au cours de cette audience où six policiers sont poursuivis pour « homicide volontaire » et « non-assistance aux personnes en danger », dans le cadre du drame qui a coûté la mort à treize enfants dans les geôles du poste de sécurité public (PSP) de Chacona, à Mpila, les avocats de la partie civile ont justifié et prouvé la responsabilité pénale des prévenus et la qualité de civilement responsable de l’État congolais. L’État congolais, ont-ils dit, doit répondre des préjudices occasionnés par ses préposés que sont les policiers.

« Il est établi que les enfants sont décédés dans les geôles du commissariat de Chacona. Il est établi aussi qu’il y a eu maladresse, imprudence et vétusté des locaux que l’État a mis à la disposition de la police. Donc la responsabilité tant des prévenus que de l’État congolais est engagée », a déclaré Me Yvon-Éric Ibouanga, un des avocats de la partie civile.

Quant à la réaction des avocats de l’État congolais qui pensent que les familles des victimes, par le biais de leurs avocats, ne se sont pas bien organisées en ce qui concerne les demandes d’indemnisation, tout en proposant de les rejeter, Me Yvon-Éric Ibouanga juge cela non fondé en droit. « La demande des avocats de l’État congolais, de mon point de vue, n’est pas fondée en droit. Puisque notre code de procédure pénale organise les formalités ou a prévu les conditions de constitution des parties civiles. Les parents des victimes se sont conformés à ces dispositions du code de procédure pénale. Donc la demande formulée par les avocats de l’État congolais qui, d’une part, reconnaissent la responsabilité de l’État et, d’autre part, tendent à rejeter les demandes d’indemnisation, ne me paraît pas fondée en droit. C’est pourquoi, j’ai demandé au tribunal de les débouter purement et simplement », a expliqué l'avocat.

Que s’est-il passé la nuit du 22 au 23 juillet 2018 ?

D’après la confrontation des présumés auteurs du drame à la barre chargeant leur collègue, les enfants qui ont fait l’objet d’une rafle de la police, vingt-quatre heures avant leur mort, ont été gardés à vue dans une geôle au PSP de Chacona dont la capacité ne permettait pas de recevoir vingt-quatre enfants mais plutôt huit, à cause de son exiguïté. Ce qui a occasionné une chaleur suffocante, suivie d’un jet de sable par l’adjudant Ferdinand Gambomi. Dans la panique, les enfants ont renversé deux récipients de vingt-cinq litres contenant les urines qui n’ont jamais été vidés depuis plusieurs jours. Étouffés, ils ont demandé secours mais hélas ! Cela n’est jamais arrivé, parce que les services de police étaient désorganisés courant cette nuit-là par l'adjudant. Les enfants ont fini par mourir.

La partie civile, par la voix de Me Yvon-Éric Ibouanga, a voulu savoir quel a été le but recherché par l’adjudant Ferdinand Gambomi en désorganisant les services de police, leur demandant d’aller en patrouille, alors que les enfants n’arrêtaient de demander secours et que ses collègues, avant d’aller à cette patrouille, avaient insisté sur ce secours à apporter aux enfants. Il ne l’avait jamais fait et, curieusement, à leur retour de la patrouille à 2h du matin, le calme s’était installé. Et lorsque la question lui fut posée, il répondit par « Je les ai maîtrisés ». Comment, s’est interrogé Me Yvon-Éric Ibouanga. La réponse n’a jamais été donnée.

Le président de la troisième Chambre correctionnelle, Dan Ndé Ibara-Ibombo, a renvoyé la prochaine audience au 28 février pour délibération.

Bruno Okokana

Légendes et crédits photo : 

Photo : Le Palais de justice de Brazzaville

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