Droits de l'homme : des mouvements citoyens exigent la libération de leurs militants

Mardi 6 Novembre 2018 - 15:24

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Des membres de Vigilance citoyenne (Vici) sont détenus au parquet de grande instance de Kalamu, à Kinshasa, où ils ont été transférés par la police qui les avait interpellés, le 1er novembre, au marché Gambela, à Kasa-Vubu.

 Dix-huit mouvements prodémocratie ont exigé, dans un communiqué du 5 novembre, la libération de dix-sept de leurs militants dont trois filles, membres du mouvement Vici. Ils ont été interpellés, le 1er novembre, au marché Gambela, pendant qu'ils menaient une campagne d’éducation civique de la population en rapport avec les élections du 23 décembre.

Ces militants arrêtés dont Gloria Sengha, Stéphane Banze, Peter Bakajika, Cecilia Meta, Hervé Mulong, Billy Kayembe, Rudy Mbaya, Adonis Muamba, Jean-Luc Lokwa, Rose Kabala, Nestor Ndongo, Michel Pfele, Samuel Kalamba, Marvin Mbuyi, etc., précise le communiqué, ont été transférés et détenus au parquet de grande instance de Kalamu. « Nos amis ont été arrêtés le 1er novembre 2018 par la police au marché de Gambela, quand ils appelaient la population à ne pas répondre à une invitation politique pour cinq mille ou dix mille francs congolais », a expliqué le porte-parole de la Vici, Joseph Bayoko.

La voix de ces mouvements citoyens a également été portée par l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) qui a demandé également la libération de ces activistes. Cette association a signifié, en effet, qu'ils avaient été arrêtés par la police alors qu’ils sensibilisaient pacifiquement des citoyens au civisme et à la responsabilité dans une société démocratique.

La recrudescence des arrestations et enlèvements

Appelant à une action urgente, l'Acaj a décrié cette « culture des violations des droits de l’homme qui s’installe en RDC ». L’ONG de défense des droits de l’homme condamne cette recrudescence des arrestations et détentions arbitraires à l’approche des élections, alors que le gouvernement doit décrisper la situation politique conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre. Cette association a décrié aussi l’impunité dont jouissent les auteurs de ces violations des droits de l’homme. Une situation dénoncée aussi par l’opposition qui regrette que ses membres soient interpellés tous les jours, pour le seul fait de militer dans ses rangs. Le Mouvement de libération du Congo (MLC), par exemple, a déploré, dans un document, l’insécurité qui contraint certains de ses membres à la clandestinité alors que la candidature à la présidence de la République de son président, le sénateur Jean-Pierre Bemba, a été rejetée, aussi bien par la Commission électorale nationale indépendante que par la Cour constitutionnelle. Parmi ses cadres qui retrouvent dans cette situation, le MLC cite dans son document sa conseillère à la mobilisation et implantation, Nasha Mateko Luyindula.

Notons que cette insécurité qui frappe des membres des mouvements citoyens, des défenseurs des droits de l’homme et leurs collègues de la société civile ainsi que les membres des partis politiques de l’opposition, serait créée par les services de l’État dont les membres agiraient, des fois, contrairement à la mission qui leur est dévolue par la nation.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Les jeunes d'un mouvement citoyen, lors d'une manifestation devant l'ambassade des Etats-Unis en RDC

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