Eau et assainissement : encore de nombreux défis à relever pour le Congo

Vendredi 9 Novembre 2018 - 13:45

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En dépit des efforts consentis par le pays, le manque d'accès aux services eau, hygiène et assainissement continue d'avoir des répercussions sur la survie et la santé des enfants, entravant ainsi la performance globale du secteur.

La problématique d’accès à l’eau et à l’assainissement au Congo a fait l’objet d’un dialogue multisectoriel de haut niveau, organisé le 8 novembre à Brazzaville par le ministère de l’Energie et de l’hydraulique, avec l’appui de l’Unicef. Cette rencontre fait suite à une feuille de route qui avait été proposée lors d’une mission du Stockholm international water institute et le Bureau régional de l’Unicef en septembre 2017. En effet, il avait été retenu la nécessité de tenir un dialogue de haut niveau pour le déblocage de la situation des points d’eau du projet « Eau pour tous » dont la majorité était en panne, faute de maintenance et de responsabilité qui n’étaient pas clairement définies entre ministères.

Selon des statistiques disponibles, notamment une évaluation des récents Programmes nationaux de développement (PND) sur ce secteur, le taux d’accès à l’eau potable en milieu urbain est passé de 52% en 2014 à 66% en 2015 ; en milieu rural et semi-urbain, ce taux a atteint 47% en 2015 contre 27% en 2014. Des données quelque peu remises en cause par un rapport d’état réalisé en 2017 par la direction générale de l’hydraulique et de l’Agence nationale de l’hydraulique rurale. D’après ces deux administrations, 68% des ouvrages hydrauliques n’étaient plus fonctionnels et le taux d’accès à l’eau potable en milieu rural a par conséquent baissé de dix-sept points de base.  L’une des raisons réside dans l’absence de modèle local de gestion des points d’eau.

Ainsi, pour le ministère de l’Energie et de l’hydraulique, ce dialogue multisectoriel permettra une définition d’actions visant à booster le secteur. L’objectif de cet atelier est, a rappelé le directeur de cabinet, Yannick Lionel Nkodia, de consolider le dialogue permanent entre les acteurs du secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement. Il s’agit également, a-t-il poursuivi, de proposer des solutions concrètes avec un plan de financement réaliste. « Ces indicateurs devront être confortés et améliorés avec la mise en service des systèmes d’adduction en eau potable et la poursuite du vaste projet : Eau pour tous, mis en œuvre en 2013. Toutefois, malgré les lourds investissements consentis par l’Etat au cours de la dernière décennie et dont il faut se féliciter, des défis restent encore à relever (…). En milieu urbain, la capacité de production des installations demeure faible, ce qui justifie la valeur stagnante du taux d’accès à l’eau potable en 2017 », a-t-il souligné.

Le pays dispose de l’un des PIB le plus faible dans la sous-région

Une récente étude du Programme eau et assainissement de la Banque mondiale a estimé à 1,1% de points perdus en termes de Produit intérieur brut (PIB) du faible taux d’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement en valeur quantitative. Pour le directeur du cabinet du ministre de l’Energie et de l’hydraulique, ce tableau contrasté est néanmoins porteur d’espoir car, le Congo s’est résolument engagé dans l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, notamment l’ODD 6 relatif à l’accès à l’eau et à l’assainissement. « Cette volonté s’est traduite dans le PND 2018-2022 qui a pour objectif d’améliorer la qualité de vie de notre population en lui assurant un accès équitable à l’eau et, j’ajouterai, aux services d’assainissement, dans un cadre de gestion durable de la ressource en eau et à des coûts optimisés », a conclu Yannick Lionel Nkodia.

Revenant également sur ces statistiques, la représentante de l’Unicef au Congo, Micaela Marques De Sousa, a rappelé que l’accès à une eau potable et à l’assainissement faisait partie des droits humains, en général, et celui des enfants, en particulier. D’après elle, la réalisation de la plupart des ODD sera compromise sans l’atteinte des résultats tangibles dans les domaines de l’eau et l’assainissement. « Cette interdépendance démontre à suffisance la nécessité de se mettre ensemble pour travailler tous à relever les défis qui se posent au secteur de l’eau et de l’assainissement. En 2030, l’humanité entière, le Congo y inclus, se donnera rendez-vous pour constater sur la base d’indicateurs mondialement acceptés les progrès accomplis par le pays dans le secteur eau et assainissement », a poursuivi Micaela Marques De Sousa, soulignant la nécessité de trouver des stratégies transformatrices et à gain rapide, susceptibles de relever tous les défis du secteur et arriver à des résultats palpables et durables.

Notons que cet atelier, qui a réuni les parties prenantes, notamment les décideurs, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile ainsi que les communautés, a été un véritable lieu d’échanges. Ainsi, les participants ont suivi des présentations sur la situation eau et assainissement du Congo dans la sous-région et l'ODD ; vision, axes stratégiques et les priorités du secteur de l’eau et de l’assainissement au Congo.

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Micaela Marques De Sousa et Yannick Lionel Nkodia ; Les participants à l'atelier /Adiac

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