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Edo Nganga en cher et en hausse

Samedi 4 Mai 2019 - 18:00

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Sur le banc des géniteurs de la fratrie des Bantous de la capitale, Edo Nganga, en fait Edouard Nganga, Edo étant le diminutif de son prénom, est resté seul. Et il se porte bien comme le montrent son verbe toujours bien roulé, une voix qui porte encore même au chant, et son sourire tout à fait jovial. On observe derrière ses vues claires, de petits yeux pétillants de discernement.  

C’est qu’à 86 ans, l’ami de Nino Malapet, Jean-Serge Essous et Célestin Nkouka dit « Célio », qui vit le jour à Léopoldville (actuelle Kinshasa), le 27 octobre 1933, garde toujours vivace le souvenir de la création par lui et les siens du mythique orchestre un certain 15 août 1959. L’homme est désormais la pièce unique de la maison Bantous, il n’est pas descendu de son piédestal pour ce qu’il représente dans l’histoire musicale des deux Congo. Sociétaire de l’Ok Jazz à l’instar de certains de ses compatriotes cités plus haut, Edo a pensé revenir au pays quand l’heure avait sonné.

Il est dit et écrit que les Bantous de la capitale voient le jour sur une sorte d’accident de l’histoire, sur une note de déception. Vrai ou faux, il faut simplement retenir que ceux qui lancent cet orchestre sont tous des « rapatriés » de Kinshasa, rongés les uns et les autres par le mal du pays, ce truc incurable qui vous traque surtout quand la deuxième patrie que vous choisissez pour telle ou telle raison vous réserve des surprises désagréables. Encore qu’entre Kinshasa et Brazzaville, l’artiste l’a chanté, le fleuve Congo est un pont, pas un obstacle. Le quartet des années 1950 qui n’est plus à présenter avait fait preuve d’audace et laissé remonter en lui cette fierté qui engage l’homme à se mesurer aux événements en se disant : pourquoi ne pas demeurer soi-même ? Il a joué et gagné.

Le 15 août prochain donc, les Bantous de la capitale fêteront les 60 ans de leur existence. Il est prévu pour l’occasion une série de manifestations qui couronneront la longévité du groupe et entretiendront parmi ses membres l’espoir de voir les jeunes qui suivent la trace de leurs anciens depuis un assez long moment prendre l’envol. Auditeur privilégié de cet anniversaire unique pour un orchestre qui a connu des hauts et des bas, a plié et n’a presque pas rompu, Edo Nganga a eu l’honneur d’en parler de vive voix au président de la République, le 3 mai, en compagnie de ses sociétaires.

C’est ensuite qu’il s’est prêté aux questions des journalistes pour avouer sa fierté de rencontrer le président de la République. Aidé d’une canne pour compenser une jambe droite un peu rebelle qu’il réveille de temps en temps en se donnant le poing dans le mollet, Edo Nganga est un homme qui garde intact le sens de la combativité. D’elle, les Bantous ont tenu soixante-ans et sans doute poursuivront leur route avec honneur.

 

Gankama N'Siah

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