Election des gouverneurs et sénateurs: le scrutin ne devrait pas consacrer la corruption

Lundi 18 Février 2019 - 19:22

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Face aux allégations d'achat de voix et des actes qui violent la Constitution et les autres lois de la République, les chercheurs de l’Institut de recherche en droits humains (IRDH) attendent du président Félix Tshisekedi et son cabinet d’appliquer la même politique, équitable et constante au bénéfice du peuple, chaque fois qu’il y a clameur publique, de prendre une mesure édifiante, afin que la tenue de ces élections soit exempte d'antivaleurs.

Les chercheurs de l’IRDH ont invité, le 18 février, le procureur général de la République près la Cour de cassation à investiguer urgemment des dénonciations de corruption qui visent des députés provinciaux, en rapport avec l’élection des sénateurs. Par ailleurs, ils ont exhorté le président de la République à prendre une mesure édifiante, afin que la tenue de l’élection des gouverneurs de province et sénateurs soit exempte de corruption et autres pratiques illégales. « Ces pratiques prohibées par la loi électorale qui vise à moraliser la vie politique, en RDC, menacent l’avenir du contrôle parlementaire, socle de l’Etat de droit », ont-ils expliqué.

Une corruption dénoncée par le Collectif de l’élite haut-katangaise

L’IRDH note que le 12 février, dix personnes dont deux avocats ont dénoncé, sous couvert du « Collectif de l’élite haut-katangaise », le gouverneur et le ministre. Ceux-ci ont indiqué que « le gouverneur du Haut-Katanga, Célestin Pande Kapopo, et son ministre des Finances, Jacques Kyabula Katwe, le premier candidat sénateur et le second candidat gouverneur sur les listes du FCC, s’adonnent à une dilapidation spectaculaire des derniers publics […], pour avaliser leurs candidatures ou chercher à gagner la sympathie des électeurs ». Pour les accusateurs cités par cet institut, le dernier fait en date était la distribution par le ministre de vingt-deux mille dollars américains, à l’issue de sa rencontre avec certains députés provinciaux du Front commun pour le Congo (FCC), le 11 février dans un hôtel à Lubumbashi.

L’IRDH précise que le courrier de ce « collectif », publié sur internet, portait l’accusé réception de la présidence de la République du 14 février. Alors que le 15 février, le député honoraire de Kinshasa et président national du parti politique Ensemble changeons le Congo , Adam Bombole Intole, a dénoncé sur tweeter des faits de corruption. Le même jour, le président du parti Congo dynamique uni et porte-parole du président Félix Tshisekedi, Vidiye Tshimanga Tshipanda, a allégué avoir parlé aux députés provinciaux de Kinshasa sur son compte @VidiyeTshimanga. « Après avoir échangé avec les députés provinciaux qui m’avaient assuré leur soutien aux sénatoriales, je suis triste aujourd’hui d’ouvrir les yeux sur le degré de corruption qui gangrène notre nation. À l’instar de mon aîné Adam, je préfère retirer ma candidature.  […] », a-t-il écrit.

Le népotisme dans la gestion des affaires publiques

L’ONG regrette qu’en lieu et place de la consolidation de la cohésion nationale, à travers leurs partis politiques, un très grand nombre de candidats sénateurs ait choisi des suppléants uniquement parmi les membres de leurs familles. « Sur la liste de la Céni confirmant les candidatures des sénateurs, le gouverneur du Haut-Katanga, Célestin Pande Kapopo, a comme suppléants, Edouard Pande Kilowele et Benjamin Pande Kasongo, deux membres de famille. Un tel agissement constitue la base du népotisme, en violation de l’esprit de l’article 6 de la Constitution qui appelle au renforcement de la conscience nationale », a-t-elle déploré, rappelant que les partis politiques concouraient à l’expression du suffrage, au renforcement de la conscience nationale et à l’éducation civique? se forment et exercent librement leurs activités dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs.

Une politique équitable et constante

Devant ces réalités, l’association demande au cabinet du président de la République de ne pas se limiter aux seules poursuites judiciaires des officiers de la police nationale congolaise impliqués dans la tuerie des étudiants de l’Université de Lubumbashi ni à l’unique suspension du directeur général de la société publique de transport en commun, la Transco, de peur qu’il ne soit jugé d’arbitraire et épidermique. Elle attend de Félix Tshisekedi d’appliquer la même politique, équitable et constante au bénéfice du peuple, chaque fois qu’il y a clameur publique. « Par conséquent, il lui convient de prendre des mesures qui rassurent le peuple du fonctionnement régulier de la Céni dans l’organisation d’une élection exempte de corruption des sénateurs, gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces », a-t-elle précisé, tout en solicittant du procureur général de la République, près la Cour de cassation, d’inviter les dénonciateurs à éclairer la justice, afin de déférer urgemment les présumés corrupteurs et corrompus.

Lucien Dianzenza

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