Elections de décembre : l’UDPS assume sa prise de position sur la machine à voter

Mardi 23 Octobre 2018 - 17:56

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L'option prise par la fille aînée de l’opposition congolaise d’aller aux scrutins, avec ou sans l'outil électronique de vote, est justifiée par le fait que c’est la seule alternative pour ne pas permettre le report des élections, susceptible de favoriser un énième glissement du mandat présidentiel.

Le parti de Félix Tshisekedi continue toujours à faire parler de lui. Depuis qu’elle s’est décidée, contre toute attente, d’aller aux élections avec ou sans la machine à voter, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) n’est plus en odeur de sainteté avec les autres forces politiques de l’opposition. Ces dernières ont vite fait de qualifier cette volte-face de trahison, allant jusqu’à soupçonner l’existence  d’un deal entre l’UDPS et le pouvoir en place. Lors de la rencontre de Bruxelles, des indiscrétions ont laissé entendre que ce parti s’était pourtant engagé contre la machine à voter. Mais son revirement qui a pris ses pairs de court, en acceptant tout de même d’aller aux élections avec ou sans ce dispositif électronique, est décrypté dans l’opinion comme un signe d’inconstance et de déloyauté.

Or, à l’UDPS, loin de se culpabiliser, l’on assume cette option, sans broncher. C’est, dit-on là-bas, la seule alternative pour ne pas permettre un report des élections susceptible de rallonger indéfiniment le mandat de Joseph Kabila à la tête du pays. « Nous sommes devant une réalité. Nous avons pris notre responsabilité pour qu’on nous amène aux élections avec ou sans machine à voter. Cela ne veut pas dire que nous avons accordé la crédibilité à cette machine. On ne peut pas organiser la fraude seulement avec la machine. Même avec les bulletins, on organise la fraude électorale », s’est expliqué le secrétaire général adjoint chargé de la communication et mobilisation, Augustin Kabuya. Pour lui, son parti qui n’a jamais rompu le lien ombilical avec les autres partis de l’opposition refuse de cautionner l’arbitraire et sait ce qu’il fait.  

" La machine à voter, une question subsidiaire"

Abondant dans le même sens, le secrétaire général, Jean Marc Kabund, estime, pour sa part, que la machine à voter est une question subsidiaire par rapport au départ de Joseph Kabila par la voie des urnes qui reste une priorité. « Nous n’avons pas réussi à faire partir M. Kabila avec des marches, maintenant l’UDPS dit non à toute manœuvre à part les élections. Il n’y a pas d’autres mécanismes de départ de Kabila à part le mécanisme pacifique des élections », a expliqué ce cadre de l’UDPS cité par 7sur7.cd. Et d’ajouter qu’une fois le départ de Joseph Kabila obtenu, le reste pourrait se négocier.

Par ailleurs, l’UDPS n’est pas partie prenante aux discussions de l’opposition en cours en Afrique de Sud et continue de revendiquer son appartenance à cette famille politique, nonobstant quelques divergences. Pour le parti de Félix Tshisekedi, ce conclave d’Afrique du Sud relève d’un fait ordinaire d’autant plus qu’à chaque cycle électoral en RDC, l’opposition s’est toujours déportée là-bas pour discuter. « Ce qui est plus urgent pour l’opposition, c’est de se désigner un candidat commun, proposer des stratégies internes en vue de contrecarrer les fraudes électorales, notamment en formant des témoins, en les déployant partout et en faisant un effort pour avoir le maximum des procès verbaux », a-t-il ajouté. Pour le reste, Jean-Marc Kabund à Kabund s’en remet au peuple.

Alain Diasso

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