Élections municipales et locales : l’opposition dénonce des manoeuvres visant la prolongation du mandat présidentiel

Mercredi 28 Mai 2014 - 18:00

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Les députés Martin Fayulu et Franck Diongo rejettent le chronogramme publié par l'institution électorale le qualifiant de provocation.

Le débat continue d’enfler dans la classe politique sur le calendrier des élections urbaines, municipales et locales publié récemment par la Céni fixant en octobre 2015, la clôture de cette première étape du cycle électoral 2013-2016. Des voix ne cessent de s’élever pour soit appuyer la démarche de la Céni soit pour la rejeter. Les acteurs politiques de l’opposition sont les plus volubiles sur le sujet. En plus de tourner en dérision les échéances fixées par la Céni, ils exigent le rejet pur et simple du calendrier électoral jusqu’à en douter de son application effective. À la suite du député Jean-Claude Vuemba qui était parmi les tout premiers à bouder l’initiative de la Céni, c’est aujourd’hui le tour de Franck Diongo et de Martin Fayulu d’enfoncer le clou.

Président du Mouvement lumumbiste progressistes, le député Franck Diongo se dresse contre le calendrier publié par la Céni avec la détermination affichée d’empêcher son exécution. Même crédo du côté du coordonateur de la plate-forme « Sauvons la RDC » qui, tout en rejetant ce calendrier électoral, réaffirme son engagement à poursuivre son combat contre l’abbé Malumalu via la pétition exigeant son départ de la présidence de la Céni en vertu de l’article 64 de la Constitution. Martin Fayulu, qui parle au nom de son regroupement politique, est d’avis que ce calendrier électoral dissimule mal l’intention de la Céni de prolonger le mandat de Joseph Kabila à la tête du pays. Et pour cause ? Pour l'opposant, en effet, les élections locales telles qu’envisagées par la Céni ont peu de chance de se tenir parce que le fichier électoral actuel « n’est pas fait par rapport aux groupements ». Et d’ajouter que le choix de la Céni de commencer par les élections municipales, urbaines et locales trahit son obstination à allonger le processus électoral avec, pour effet d’entraînement, la prolongation in fine du mandat présidentiel.

Lorsqu’on intègre dans le processus le recensement administratif de la population présenté comme un préalable à la tenue des législatives et présidentielle de 2016 en RDC, il y a lieu, pense-t-il, de douter de l’organisation en 2016 des élections législatives et présidentielle. « Aujourd’hui, on va faire le recensement au Congo, 2.345.000 kilomètres carrés, 73 millions d’habitants, pays pauvre sans infrastructures. Vous allez le faire dans combien de temps ? L’abbé Malumalu fera tout pour qu’il n’y ait pas d’élection en 2016 et que Kabila demeure éternellement au pouvoir », a-t-il déclaré. Quant à Franck Diongo, il sollicite de la Céni la liquidation avant 2016 de tous les arriérés électoraux de 2011 et l’organisation, sans atermoiements, des élections présidentielle et législatives en 2016 et ce, dans le strict respect des mandats de cinq ans. Comme quoi, l’institution électorale est donc astreinte à respecter ces échéances afin de se dédouaner des intentions malveillantes qui lui sont prêtées essentiellement par une frange d’opposants.         

Alain Diasso

Légendes et crédits photo : 

Martin Fayulu