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Encore Floyd

Samedi 6 Juin 2020 - 16:03

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Posez un genou à terre et soupirez : « que cessent tous les racismes ! » Le geste, pour emprunter au langage des réseaux, est devenu viral puisqu’il est répété par les stars du sport professionnel et par des personnalités politiques pour faire corps avec l’idée que la meilleure façon de rendre la planète Terre agréable est d’œuvrer à la promotion des droits et des libertés pour tous ses habitants.

La mort de George Floyd aux Etats-Unis, dans les circonstances qui se passent de commentaire, a créé une onde de choc dans les consciences au pays de l’Oncle Sam et dans le reste du monde. Au point de détourner les regards qui étaient jusque-là fixés sur la pandémie du coronavirus, vers les manifestations organisées dans plusieurs villes américaines et européennes contre la persistance des injustices à l’égard de la population noire de ce pays.

D’une pandémie à l’autre, certains analystes n’ont pas hésité à parler de « pandémie du racisme et de la discrimination », pour évoquer la brutalité policière telle qu’elle fait des ravages aux Etats-Unis parmi les minorités. Parce que la pratique qui consiste à s’acharner contre ces populations dans ce pays est ancienne et rien, en apparence, n’ébranle les hommes en uniformes qui se rendent responsables de graves dérapages contre des personnes qu’ils interpellent dans le cadre de leur service.

Mardi 9 juin, jour de son inhumation, deux semaines auront passé depuis le décès de cet Afro-Américain de quarante-six ans suite à son interpellation par quatre policiers, dont l’un d’eux, Derek Chauvin, en a fait son affaire personnelle jusqu’à ce que mort s’en suive. Les commerces et les voitures ont brûlé dans plusieurs villes du pays, les prises de parole se sont enchaînées pour dénoncer « un crime horrible », et tout compte fait le message porté par les nombreuses voix plaidant la sanction des coupables a été entendu.

Le jour où donc justice sera rendue sur le meurtre du 25 mai, peut-être que les Etats-Unis en profiteront pour mieux orienter le travail des agents chargés du maintien de l’ordre dans leurs agglomérations, et plus globalement du regard de ces derniers à l’endroit des gens de couleur. On a pu comprendre que dans une certaine mesure, les souches du racisme dont on plaint les énormités viennent du fonctionnement des puissantes institutions publiques. 

Il est indiqué que le jour du drame, lorsqu'il reçoit l'appel de l'employé d'une épicérie decrivant Floyd comme un homme "affreusement saoul" et "n'ayant contrôle de lui-même", le policier a insisté pour savoir de quelle race était-il " blanc, noir, amérindien, hispanique, asiatique? " Si cette version des faits est avérée, elle serait le témoignagne que le mal est profond. Il ne faut pas en douter un seul instant, les Etats-Unis ont toutes les intellignces pour changer la donne. Pour beaucoup, l'affaire George Floyd est le début d'une nouvelle espérance contre ce ségrégationnisme d'un autre âge.

 

 

Gankama N'Siah

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