Entraves à la campagne de Lamuka : Katumbi et Bemba sollicitent l’arbitrage de la Sadc

Samedi 15 Décembre 2018 - 17:29

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Le chef de l'État namibien et actuel président de l'organisation sous-régionale, Hage G. Geingb, a déclaré s'en tenir à sa ligne, à savoir que c'est aux Congolais eux-mêmes de trouver des solutions pour faire retomber les tensions dans leur pays.

Bemba et Katumbi chez le président namibien avant le sommet de la SADCÀ la suite du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, qui a récemment appelé les acteurs politiques congolais ainsi que les parties prenantes au processus électoral à faire preuve d’un sens élevé des responsabilités tout en les exhortant à œuvrer à la tenue des scrutins paisibles, libres et transparents, conformément aux normes et principes africains et internationaux en la matière, c’est au tour de la Communauté de développement d'Afrique australe (Sadc) de jouer sa partition. Son président en exercice, le Namibien Hage G. Geingob, a, en effet, reçu en audience, le 14 décembre, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, deux candidats recalés à la présidentielle du 23 décembre, venus lui soumettre leurs préoccupations en rapport avec ces élections. Leur arrivée à Windhoek intervenait la veille d’une grande réunion des membres de la Sadc censée débattre de la situation politique en République démocratique du Congo (RDC) et qui, en dernière minute, était reportée.

Les deux leaders, mués en principaux soutiens du candidat Martin Fayulu dans le cadre de la coalition Lamuka, ont saisi cette opportunité pour faire part à leur hôte des entraves que le pouvoir fait subir à ce dernier en cette période de campagne électorale. Les violences déplorées ces dernières heures, d’après eux, ne viseraient que les candidats de l’opposition et, plus particulièrement, Martin Fayulu, plus d’une fois empêché de se mouvoir dans les provinces où il était censé battre campagne.

Les morts par balles qui ont endeuillé sa campagne, notamment à Lubumbashi et à Kalemie, seraient le fait des forces de l’ordre instrumentalisées et à la solde du pouvoir en place, ont indiqué les leaders d’Ensemble pour le changement et du Mouvement de libération du Congo.   Après avoir écouté religieusement ses interlocuteurs, le président Geingob n'a pas caché sa vive préoccupation, surtout au regard de l’incendie qui a consumé 80% des machines à voter destinées à la capitale, à en croire une source diplomatique. Se livrant à la presse namibienne, il a indiqué que c'est aux Congolais de trouver des solutions pour faire retomber les tensions dans leur pays. « Nous n'avons pas à décider à la place des Congolais. Nous ne sommes là que pour aider. C'est au peuple congolais d'être juge. Je le répète : nous soutenons seulement. Je suis aux côtés de Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba pour les écouter, recevoir leurs points de vue et rapporter ensuite aux membres de la Sadc», a-t-il expliqué.

Le président en exercice de la Sadc a martelé particulièrement sur l’importance d’un scrutin libre, apaisé et pacifique en accord avec les lignes directrices de cette organisation et de l’Union africaine. Rappelons, par ailleurs, que la Sadc a envoyé, depuis le 10 décembre, à Kinshasa, sa mission d’observation électorale constituée de quatre-vingt-quatorze membres dont soixante-treize observateurs de terrain venus de huit pays d’Afrique. Cette mission sera déployée dans seize provinces sur les vingt-six que compte la RDC. Elle est chapeautée par la Zambie avec le concours de l’Angola et du Zimbabwe qui forment la troïka.

Alain Diasso

Légendes et crédits photo : 

Hage G. Geingob acceuillant Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba

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