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Samedi 25 Avril 2020 - 17:54

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Deux tableaux permettent de donner lecture de la mobilisation des politiques, la semaine dernière, en rapport avec l’actualité du Covid-19. Les rendez-vous ont eu lieu chez le Premier ministre, Clément Mouamba, dont les bureaux, ces derniers temps, ont été plus qu’arpentés par différents donateurs. L’occasion pour lui de se rendre compte d’une chose : la solidarité que les plus hautes autorités ont appelée de leurs vœux a trouvé du répondant.

Premier tableau. Au complet, l’opposition congolaise, conduite par Pascal Tsaty Mabiala, a frappé à la porte du Premier ministre, le 23 avril. Dans sa gibecière, une enveloppe de dix millions FCFA, remise pour le compte du Fonds national de solidarité. Avec le sens de la nuance, le meneur du groupe a précisé que de cette somme, sa contribution personnelle est de moitié, soit cinq millions, le reste ayant été sans doute tiré du compte commun de sa famille politique.

Le discours qui a suivi cette remise de fonds de l’opposition a été tout aussi édifiant. On a écouté Pascal Tsaty Mabiala dire que cette grave crise sanitaire est une opportunité pour les fils du pays de former une union sacrée contre l’ennemi commun, le Covdi-19. « Une opposition politique n’est pas faite pour s’opposer à tout » a encore argumenté le chef de l’opposition qui sait que son geste pourrait être diversement interprété. Au moins, le premier secrétaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale a-t-il pris le soin de s’exprimer au nom de l’opposition sur la place publique pour circonscrire l’objet de cette sortie d’intérêt national. Comme pour dire, la querelle politique habituelle suivra son cours, entre amis et frères du même pays, mais après la trêve sanitaire.

Second tableau. A dix membres contre dix, le secrétariat permanent du Parti congolais du travail-PCT-, et le gouvernement ont longuement échangé, vendredi 24 avril, sur la gestion de la crise sanitaire. La partie demanderesse, conduite par Pierre Moussa, secrétaire général du principal parti de la majorité présidentielle, a voulu obtenir du gouvernement l’essentiel des informations sur la mise en œuvre de la politique sanitaire spéciale des temps présents. La pandémie actuelle du coronavirus étant inédite fait craindre un rejaillissement de ses effets négatifs sur tous les secteurs de la vie nationale. Il vaut mieux prévenir que guérir a-t-on cru comprendre la démarche de l’instance dirigeante du parti au pouvoir.

La différence entre les deux exercices tient au fait que le premier groupe est venu accomplir un geste que beaucoup avant lui avaient effectué. Il sort de l’ordinaire parce que très souvent, les oppositions ont tendance à profiter de toutes les situations qui surviennent pour enfoncer ceux qui sont au pouvoir, la perspective étant toujours d’envisager une alternance au sommet de l’Etat. Par contre le second groupe s’est retrouvé avec ses propres mandatés au sein de l’exécutif. Il a fait le choix d’attirer l’attention sur les conséquences d’une gestion approximative de la crise du Covdi-19 qui, soit-dit en passant, s’ajoute à la crise financière déjà fort sévère.

Au demeurant, les deux groupes peuvent lire avec intérêt le « Rapport d’activités à mi-parcours » que le comité d’experts près le comité national de la riposte à la pandémie du coronavirus a rendu public le 24 avril dernier. Peut-être pourraient-ils, au moins sur le plan thématique, prendre la mesure du travail qui s’impose à tous. Et mieux porter leurs légitimes appréhensions.

Gankama N'Siah

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