Entreprises publiques: la Cogep s'inquiète de la gestion de la Gécamines

Vendredi 7 Juin 2019 - 19:15

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La coalition des organisations non gouvernementales (ONG) se dit toujours préoccupée par la gouvernance de la société du Portefeuille de l’Etat, en dépit des réponses apportées par cette dernière, dans un point de presse tenu le 28 novembre 2018, à Kinshasa, se défendant face à une série de rapports publiés contre elle.

Le Coalition de la gouvernance des entreprises publiques du secteur extractif (Cogep) a publié, le 7 juin, son analyse sur la gestion de la Société générale des carrières et des mines (Gécamines). Dans celle-ci, elle a clairement manifesté son insatisfaction face à la gestion de cette société  et des réponses apportées par sa direction aux préoccupations soulevées par les ONG. 

Analysant le rapport de la Gécamines intitué « La vérité sur les mensonges des ONG de la RDC », la plate-forme des organisations de la société civile se dit, en effet, convaincue que certaines préoccupations quant à la gestion de cette société persistent. « Toutes ces questions, nous les avons posées à la Gécamines. Mais, jusqu’à ce jour, cette société ne nous a pas répondu. Donc, il y a des questions qui demeurent », a expliqué le coordonnateur de la Cogep, Me Daudet Kitwa Kaluma, résumant leur  analyse devant l’assistance.

La Cogep a toutefois relevé certains points positifs du rapport de la Gécamines, notamment la divulgation des informations détaillées en réponse aux préoccupations des ONG;  la réalisation de 1 294 milliards de dollars américains des revenus tirés des partenariats de 2009 à 2014; la relance de la recherche géologique et la certification des gisements dans la perspective de relance de cette société. Elle a également salué l’ambition de racheter certains gisements afin de les retourner dans le portefeuille minier ainsi que la restructuration de l’organigramme de la Gécamines pour l’aligner aux standards modernes des entreprises extractives.

Des questions qui demeurent

Mais, malgré ce satisfecit, la Cogep a, par contre, souligné certains points négatifs pour lesquels elle continue de poser des questions et à attendre des réponses de la Gécamines, justifiant la persistance de ses préoccupations. Il s’agit des déclarations contradictoires sur les revenus et paiements ainsi que la non publication des états financiers et les rapports financiers.

« Le rapport précité de la Gécamines dit que ses états financiers sont déposés à l’Institut pour la transparence dans les industries extractives(ITIE). En réalité, les copies des états financiers sont plutôt remises au conciliateur indépendant pour des fins de certification des chiffres déclarés à l’ITIE et non au comité exécutif ou au groupe multipartite pour un quelconque débat ou encore moins pour des fins de publicité », a soutenu la Cogep.

Cette plate-forme d’ONG a également fait état du manque de transparence, de la non déclaration des prêts et avances à l’ITIE ainsi que de la contradiction dans les dossiers de la vente des parts de Metalkol, des recettes de vente des scories, de l’investissement et de la production décevants de la Gécamines, sans oublier les violations des droits des travailleurs. « La Cogep note que plusieurs dossiers manquent de transparence, comme le cas de la sous-traitance Scorpion, la vente des parts dans Metalkol et les recettes de vente des scories », a indiqué la plate-forme, dans les cinq grands points négatifs notés.

Après échange avec les participants à la publication de cette analyse, la Corep et toute l’assistance ont signifié le devoir pour tous de contribuer à l’amélioration de la gouvernance de toutes les entreprises du portefeuille de l’Etat, en général, et celles du secteur extractif, en particulier.

La Cogep, précisons-le, a pour objectif l’amélioration de la gouvernance des entreprises publiques et deniers publics dans le secteur extractif, notamment par des analyses et études sur ces entreprises, la promotion de la transparence et le renforcement des responsabilités/redevabilité dans leur gestion, la mobilisation des citoyens sur la question de la gouvernance des entreprises publiques du secteur extractif, la proposition des réformes légales ou administratives dans le secteur ainsi que la contribution au renforcement des capacités des agents publics et acteurs de la société civile intéressés par les entreprises publiques du secteur extractif par des formations, stages ou échange d’expériences.

La Cogep se dit disposée à entreprendre d’autres actions prévues par la loi en vue d’amener la Gécamines à répondre à certaines de ses préoccupations restées pendantes et améliorer ainsi sa gestion.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

La salle, lors de la présentation de l'analyse de la Cogep/Adiac

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