Environnement : le sable, troisième ressource la plus utilisée de la planète

Vendredi 11 Janvier 2019 - 11:07

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Divers acteurs du secteur industriel, environnemental et universitaire s’étaient réunis à Genève (Suisse), en octobre dernier, pour débattre de la question émergente de l’extraction du sable et des solutions permettant de réduire ses conséquences potentielles sur l’environnement.

Cinquante milliards de tonnes de sable et de gravier sont consommées chaque année dans le monde. Cela équivaut à un mur de trente-cinq mètres de hauteur sur trente-cinq mètres de large le long de l’équateur. La majorité du sable est utilisée pour la production de ciment pour le béton (composé de ciment, d’eau, de sable et de gravier). Le ciment, un élément-clé du béton, matériau de construction le plus largement utilisé dans le monde, est une source majeure de gaz à effet de serre et représente environ 8% des émissions de dioxyde de carbone, selon un récent rapport de Chatam House.

Le sable est essentiellement constitué de minuscules grains de roche. Il sert également à reconstituer les plages qui se retirent et à étendre des territoires, en construisant, par exemple, des îles artificielles comme Palm Islands et The World à Dubai ou en renforçant les côtes comme à Singapour. Le sable est extrait des rivières, des plages et du fond de l’océan. Le sable du désert, en raison de sa finesse, ne peut pas servir à la production du béton. Son extraction, si elle n’est pas gérée correctement dans les zones où les écosystèmes sont fragiles, peut avoir des effets négatifs sur l’environnement. L’extraction de sable à partir d’une plage peut, par exemple, non seulement conduire à la destruction de la biodiversité locale mais, peut aussi réduire les possibilités de tourisme. De plus, la demande énorme en sable peut entraîner son extraction illégale et devient, en effet, un problème dans de nombreux endroits. Les « mafias du sable » en Inde, par exemple, menacent les communautés locales et leurs moyens de subsistance ainsi que l’environnement.

Cependant, des solutions novatrices sont en train d’être testées pour remplacer le sable dans la construction de routes et de bâtiments. Le plastique recyclé, la terre, le bambou, le bois, la paille et autres peuvent être utilisés comme matériaux de construction de remplacement. La clé semble être  d’associer d’autres matériaux avec le béton afin de donner au mélange la stabilité nécessaire au bâtiment. Plusieurs pays ont déjà expérimenté les routes en composite de plastique. La première piste cyclable entièrement construite en plastique recyclé a été ouverte à Zwolle, aux Pays-Bas, en septembre 2018.

Le plastique recyclé pourrait devenir une alternative sérieuse au sable dans la construction de routes. On estime que les routes en plastique sont trois fois plus durables que les routes en asphalte traditionnelles. Cependant, elles sont encore en phase de test car leur longévité et leurs conséquences sur l’environnement doivent encore être étudiées : de petites particules de plastique pourraient éventuellement s’infiltrer dans le sol et l’eau en cas de forte chaleur, d’usure et de ruissellement.

Bien qu’il n’y ait pas de solution miracle, la réunion organisée à Genève a permis de convenir qu’il était important de sensibiliser le public au fait que le sable n’était pas une ressource illimitée et que son extraction peut comporter des effets négatifs. Les bonnes pratiques doivent être partagées et le déficit de communication entre les décideurs ainsi que les consommateurs comblé. Même si la plupart d’entres nous ne le savent pas, le sable est, après l’air et l’eau, la troisième ressource la plus utilisée de la planète. Chaque logement, barrage, route, verre et téléphone portable en contient. Une ressource apparemment illimitée comme celle-là ne peut pourtant pas satisfaire la demande actuelle.

 

 

Boris Kharl Ebaka

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