Opinion

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Epine dorsale

Lundi 8 Juillet 2019 - 12:07

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On emploie cette expression au Congo quand on ne veut pas dire Chemin de fer Congo-Océan (CFCO), ou quand on veut dire la même chose. L’infrastructure, vieille de 85 ans aujourd’hui, a toujours constitué pour l’économie congolaise ce que son autre nom visé en titre signifie. Elle en est l’épine dorsale dans la mesure où elle assure chaque jour le trafic des voyageurs et surtout du fret grand tonnage sur les 512 km qui séparent les deux principales villes du pays que sont Brazzaville et Pointe-Noire.

La preuve que le CFCO tient toujours son rang est donnée par la pénurie des carburants ressentie dans la capitale et sans doute dans la partie septentrionale du pays depuis l’accident du 30 juin dernier à Ngondji, prêt de Pointe-Noire. L’enquête ordonnée par la tutelle permettra sans doute de situer les responsabilités de cette catastrophe qui a emporté des vies qui ne l’auraient pas dû être puisqu’à la vérité, un train marchandises n’a pas vocation à transporter des voyageurs.

Ceci dit, le CFCO est une société en difficulté depuis des décennies. Au vieillissement de ses machines et de ses lignes, il faut ajouter un autre phénomène pernicieux qui le menace de disparition : celui de son exposition au vandalisme des milices qui essaiment en temps de conflits sociopolitiques.

Très souvent, comme s’ils s’en rendaient propriétaires du fait de sa proximité avec leurs zones de repli, ces derniers s’acharnent sur ses viaducs et ses rails qu’ils désossent parfois méticuleusement. Il n’est pas certain, malgré les efforts consentis par les pouvoirs publics d’année en année pour le réhabiliter, que le CFCO ait vraiment pu se relever.  

Si la route nationale numéro1 (RN1) a permis depuis sa mise en service, il y a quelques années, de désengorger le trafic terrestre entre Brazzaville et Pointe-Noire, le rôle du chemin de fer reste primordial dans cet enchaînement car l’une des deux voies dessert les localités que l’autre ne couvre pas nécessairement. Plus ils sont complémentaires, mieux le CFCO et la RN 1 se portent.

À ce moment où l’on évoque avec beaucoup de détermination la diversification de l’économie, le CFCO est un maillon essentiel de cette volonté de sortir du tout-pétrole exprimée par les autorités. D’où la nécessité d’inscrire la remise en train du CFCO au nombre des priorités nationales.

 

Les Dépêches de Brazzaville

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