Opinion

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Episode 2

Lundi 21 Janvier 2019 - 16:45

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Ayant écrit ici même, il y a quelques jours, que nous assisterions dans les semaines à venir à de nouveaux épisodes du feuilleton dramatique que la Cour pénale internationale (CPI) écrit depuis plus de dix ans, nous avons vécu sans surprise, en fin de semaine dernière, son incroyable décision de maintenir en prison l'ancien président de la Côte d'Ivoire alors même que les juges de La Haye venaient de déclarer celui-ci innocent des crimes contre l'humanité qui lui étaient reprochés.

Que la CPI se contredise une nouvelle fois dans le proche avenir en faisant taire définitivement la procureure qui se trouve à l'origine de ce nouveau couac judiciaire et en libérant Laurent Gbagbo ne surprendra évidemment personne. Ayant centré ses attaques sur l'Afrique, faisant traîner ses investigations très au-delà du raisonnable, infligeant de ce fait aux personnalités qu'elle poursuit des blessures morales inacceptables, ne tenant aucun compte des remontrances qui lui sont adressées de toutes parts, cette institution n'a plus aucune crédibilité. Et c'est bien ce que démontre l'épisode 2 auquel nous venons d'assister médusés.

La question qui se pose maintenant est donc celle que nous avions posée ici même, il y a quelques jours : que nous réservent les investigations médiatiques et politiques que cet épisode 2  ne peut  manquer de provoquer, ou plutôt  d'accélérer ? Autrement dit, que révèlera l'épisode 3 dont nous voyons se préciser les contours en raison de l'incohérence que traduit le maintien en détention de Laurent Gbagbo et de son ancien bras droit Charles Blé Goudé ? Allons-nous enfin connaître les dessous de cette sinistre histoire dans laquelle, semble-t-il, la CPI est plus un instrument qu'un moteur ?

Au-delà du drame qu'a vécu hier l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo, Jean-Pierre Bemba, et que vit aujourd'hui l'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, se joue très probablement une partie d'échec entre grandes puissances qui n'a rien à voir avec la justice et qui doit tout à la lutte d'influence. Question cruciale donc : l'Afrique va-t-elle enfin se décider à prendre en main les actions judiciaires qui doivent être conduites sur le continent afin de  mettre un terme  aux crimes  contre l’humanité qui la dévastent ?

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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