Etre présent…

Mardi 21 Mai 2019 - 16:36

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Les soixante-dix ans de Présence africaine méritent d’être célébrés parce qu’ils rappellent pour l’Afrique et pour le reste du monde quelque chose dont chaque peuple est attaché : la fierté d’être soi-même et de se savoir considéré tel que l’on est par votre prochain.

Quand il fonde deux années auparavant la revue puis, en 1949, la maison d’édition Présence Africaine, Alioune Diop pensait à ce que devait être l’engagement futur de l’homme noir dans un monde en perpétuel mouvement. C’était de montrer aux autres peuples que l’Africain a une histoire, une culture, et qu’il est disposé à partager avec eux les valeurs autour desquelles les humains peuvent se retrouver pour constituer une communauté de destin qui ferait de la planète Terre un lieu où il fait bon vivre.

1949 est une année symbolique à plusieurs titres. Quatre printemps auparavant se terminait l’un des conflits mondiaux les plus ravageurs de l’histoire des nations, la Seconde Guerre mondiale. En même temps s’opéraient des changements significatifs dans les rapports qui gouvernaient jusque-là la marche du monde. De façon irrésistible, en effet, l’aspiration à la liberté devenait une quête universelle sans frontières, les rapports de dominants à dominés, de colonisateurs à colonisés faisaient la place tout simplement à une volonté commune de penser l’avenir de l’humanité.

Née dans ce contexte, Présence Africaine comme maison d’édition portait haut le message d’une nouvelle Afrique à la fois ancrée dans les profondeurs de son histoire et ouverte à la modernité. Par le biais de l’écriture, le continent noir va se révéler et avec lui des hommes qui content à qui veut les écouter les chants anciens, leurs rêves du moment et du futur, sans jamais prétendre donner des leçons ni revendiquer autre chose que leur identité propre.

À travers leurs écrits, Cheikh Anta Diop, Aimé Césaire, Birago Diop, Eza Boto, Joseph Zobel, Seydou Badian, Bernard Bilin Dadié, Jean-Baptiste Tati Loutard, Théophile Obenga, Henri Lopes, Abdoulaye Sadji, Mongo Béti, Amadou Hampâté Bâ, Nkwame Nkrumah, Jacques Opangault, Léon Gontran-Damas, Sembène Ousmane – difficile de les citer tous-, ont marqué cette présence africaine devenue au fil de l’histoire de la littérature du continent exceptionnelle et incontournable.

Ces auteurs de toutes les régions de l’Afrique et des Antilles nous ont appris beaucoup sur nous-mêmes et sur autrui. Mais en réalité sur ce qu’est l’humanité elle-même : un mélange d’angoisses et d’espoirs, de peurs et de certitudes ; une aventure de bonne cause qui ne prospère qu’avec le concours de tous. Et là, pas de Blancs, pas de Jaunes, pas de Noirs, mais tous ensemble.     

Soixante-dix ans déjà, on a envie de dire que cela ne fait que commencer, car la présence de l’Afrique doit continuer de rayonner partout.

 

 

 

 

 

 

 

 

Gankama N’Siah

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