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Feu la CPI ?

Mardi 12 Juin 2018 - 11:46

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S'il fallait une preuve que la Cour pénale internationale (CPI) est une institution aussi dangereuse qu'inutile, le calvaire subi tout au long des dix dernières années par Jean-Pierre Bemba est là pour l'apporter de façon accablante. Concentrant ses actions sur l'Afrique pour des raisons qu'il lui faudra un jour expliquer, menant ses enquêtes avec une lenteur et un manque de sérieux incompréhensibles, contredisant ses propres jugements sans le moindre complexe, l'institution projette l'image insupportable d'une justice dite "internationale" aussi peu respectueuse du droit qu'indifférente aux blessures qu'elle cause.

Étant donné ce qui vient de se passer à La Haye pour l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo, il ne serait pas étonnant que, dans les semaines à venir, une autre personnalité africaine de premier plan, l'ancien président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, soit elle aussi déclarée non coupable des crimes qui lui sont attribués et retrouve à son tour la liberté. Ce qui provoquerait à coup sûr la mort de l'institution, au grand dam de ses supporters   - il est vrai de moins en moins nombreux - et sous les applaudissements de ses détracteurs.

Le problème que va devoir résoudre la CPI avant de disparaître des écrans radars de la communauté internationale est celui de la réparation des dommages causés par son incompétence aux personnalités dont elle a détruit la vie et aux pays dont elle a aggravé les désordres internes. L'on voit mal, en effet, comment un homme pourrait être incarcéré à tort pendant une décennie et son pays privé simultanément de ses compétences sans que celles et ceux qui sont à l'origine de cette double injustice ne soient contraints d'en payer un jour le prix.

D'aucuns objecteront que les juges n'ont pas à réparer leurs erreurs. Peut-être, mais l'énormité de celle dont il est ici question est telle que la communauté internationale, dans son ensemble, et la communauté africaine, en particulier, ne sauraient fermer les yeux sur la faute commise par les hommes et les femmes qui prétendaient agir en leur nom. Si elles le font, elles ouvriront la porte à tous les excès, à toutes les injustices, à toutes les dérives. Le droit international n'est pas un mythe. Il faut maintenant le prouver.
 

Les Dépêches de Brazzaville

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