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Fin de l'UFD

Samedi 26 Octobre 2019 - 19:49

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La fusion de l’Union des forces démocratiques (UFD) au Parti congolais du travail (PCT), annoncée officiellement le 23 octobre, à Brazzaville, au cours de l’ultime réunion de cette formation politique, est entrée en vigueur vendredi. Après avoir amarré son parti à plus structuré que ne l’était le sien, Josué Rodrigue Ngouonimba, qui en assurait jusque-là la coordination des activités en tant que président, a expliqué devant une assistance nombreuse que cette décision, mûrie de longue date, a été prise en toute responsabilité. Cela s’est passé au siège communal du PCT à Mpila.

Il est incontestable qu’à l’instar de beaucoup d’autres formations politiques créées sous les lumières de la Conférence nationale souveraine au début de la décennie 1990, l’UFD a animé la vie politique nationale comme elle a pu. Il importe cependant de souligner que le temps passant, ce parti ne vivait en tout et pour tout que pour, sinon grâce à son fief intangible de Djambala, dans le département des Plateaux, où il avait su conserver le siège de député depuis les premières élections pluralistes en 1992.

Connaissant le terrain politique et ses contrariétés, il est possible de soupçonner quelque allant de nostalgie chez ceux qui, des décennies durant, sous la houlette de David Charles Ganao, son fondateur, par ailleurs son tout-premier député, ont cru en l’UFD et l’ont portée à bout de bras à Djambala-même et au-delà. Cela n’est pourtant pas le dessein d’un parti politique que d’être réduit à se nourrir du chagrin de ses belles années de naissance.

Un parti est, en effet, créé pour conquérir le pouvoir ; il doit pouvoir mobiliser loin du village de son bâtisseur et fédérer des énergies à l’échelle nationale. Comme bon nombre de ces autres partis qui vivent presque par miracle depuis bientôt trente ans et certainement sur l’excuse du législateur, l’UFD n’avait pu s’implanter sur l’ensemble du territoire national. Armé de son balai traditionnel, signe de sagesse, et de sa cloche en fer comme porte-voix, le parti de David Charles Ganao a cessé de se mentir à lui-même, pourrait-on dire, pour regarder la réalité en face.

On peut dire ce que l’on peut de cette décision difficile à prendre, il est vrai, et même moquer un parti qui aurait capitulé ou jeté l’éponge, la politique n’a pas pour objectif de faire du surplace. Non, elle s’inscrit dans une dynamique de remise en question perpétuelle que ne peuvent agréer que des esprits habités par un certain pragmatisme. Evidemment que dans le cas d’espèce, il restera à observer quel accueil le PCT, gros bénéficiaire de cette séquence de fusion dont on parlera encore longtemps, réservera à ces « camarades membres » arrivés de l’ex-UFD corps et biens. Et, dans quel registre les mélancoliques inconsolables inscriront leur refus de fléchir.

Gankama N'Siah

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