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Mercredi 4 Décembre 2019 - 11:44

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Que le camp occidental, qui domina de facto la scène internationale pendant plus d’un demi-siècle, se fissure aujourd’hui, n’a rien de surprenant. S’étant uni au sortir de la Seconde Guerre mondiale qui avait vu la vieille Europe s’enfoncer à nouveau dans le conflit meurtrier dont elle était sortie exsangue, il n’a pas su anticiper les changements radicaux que provoquerait inévitablement la mondialisation générée par le progrès technique. Et tout indique aujourd’hui, alors que l’Alliance atlantique vient de fêter son soixante-dixième anniversaire dans la banlieue de Londres, qu’il va devoir prendre acte de ses divisions soit en dissolvant son outil militaire, autrement dit l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan), soit en rénovant ses institutions afin de retrouver son unité.

Lorsque le jeune président français, Emmanuel Macron, dénonce de façon quelque peu abrupte l’état de « mort cérébrale » dans lequel se trouve aujourd’hui l’Otan, il ne fait que traduire ce que pensent sans le dire la plupart des dirigeants des pays occidentaux. A commencer par l’Angleterre qui s’apprête à quitter l’Union européenne, par l’Allemagne réunifiée qui déplore sa faible influence diplomatique sur la scène internationale par rapport à sa puissance économique, par les Etats-Unis de Donald Trump qui exigent de leurs alliés européens une plus grande implication stratégique sous peine de sanctions économiques.

Le temps de la célébration de la naissance de l’Otan étant passé, celui de la rénovation ou de la disparition de l’alliance stratégique entre l’Amérique et l’Europe est venu. Une réalité que, bien sûr, les vingt-quatre Etats concernés se gardent bien d’aborder de face tant la question est délicate, mais qu’aucun d’entre eux ne peut plus feindre d’ignorer étant donné  les changements en cours sur la scène stratégique mondiale avec l’émergence de la Chine et  de l’Inde, la réémergence de la Russie et, surtout, l’affirmation de l’Afrique comme le continent de l’avenir, là où se déplace aujourd’hui la compétition des Grands et où se joue l’avenir climatique de la planète.

S’il est trop tôt pour prédire si le camp occidental sera capable ou non de surmonter les divisions qui le minent, il ne l’est assurément pas pour écrire que les années à venir seront marquées par les effets directs et indirects de la remise en ordre du camp occidental qui se dessine.

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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