Formation du gouvernement : Félix Tshisekedi et le Cach mis devant leurs responsabilités

Mardi 12 Mars 2019 - 16:17

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Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho), Me Jean-Claude Katende, pense que la crédibilité du chef de l'État et de son exécutif dépendra principalement de la qualité des hommes et des femmes qui seront nommés ainsi que des résultats clairs qui attendus de chaque.

Dans ses pages d’opinions libres du 12 mars, Me Jean-Claude Katende exhorte le Front commun pour le Congo (FCC) et le Cap pour le changement (Cach) à mettre en place « un gouvernement de rupture, un gouvernement tourné vers le changement, vers la satisfaction des besoins sociaux du peuple ». Pour cet activiste des droits de l’homme et penseur libre, cette équipe à former ne doit pas être « un gouvernement tourné vers la satisfaction des besoins et caprices des autorités morales ».

Ceci n'est possible, estime-t-il, que si les membres du FCC prennent conscience que leur gestion du pays pendant les dix-huit dernières années était, en grande partie, caractérisée par les abus de tous genres. Parmi ces mauvais actes, ce juriste a cité notamment les violations massives des droits de l’homme, l’instrumentalisation de la justice, la corruption, les pillages des ressources naturelles en faveur des proches du régime Kabila, l’instrumentation de l’Assemblée nationale au profit de la majorité présidentielle, l’absence des services sociaux et l’abandon total de la population, etc.

Une équipe incarnant le changement

Face à cette volonté de voir le social de la population améliorée par l’action des dirigeants, Jean-Claude Katende se demande « comment une coalition de gouvernance commune peut-elle être possible entre le FCC, dont la gouvernance du pays est décrite ci-dessus, avec le Cach, dont la composante principale qui est l’UDPS prône le changement et une gouvernance tournée vers la satisfaction des besoins de la population ? »

Le président de l’Asadho, qui note qu’en politique tout était possible, met dores et déjà la plate-forme électorale et politique de l'actuel président de la République devant ses responsabilités. Pour que le Cach rassure, soutient-il, ses partenaires du FCC doivent prendre conscience que leurs performances lors des dix-huit dernières années étaient mauvaises et s'engagent dorénavant à faire la politique pour le peuple. « Ceci sera reflété par la composition du gouvernement qui sera mis en place », avise-t-il, souhaitant que cette équipe soit formée des hommes et femmes qui incarnent le changement, une gouvernance différente de celle connue sous les deux mandats de Joseph Kabila.

 « Il est important qu’aucun Congolais impliqué dans les violations des droits de l’homme, dans le pillage des ressources naturelles, la corruption, la répression des manifestations pacifiques, n’y soit nommé. Les personnalités frappées par les sanctions ciblées américaines, européennes et  helvétiques ne doivent pas y être  nommées », prévient Me Jean-Claude Katende.

Ce gouvernement devra également, selon lui, se focaliser sur la satisfaction des besoins sociaux des Congolais, surtout de ceux des milieux ruraux, et fondé sur l’atteinte des résultats. « Tout ministre doit avoir un agenda clair des choses qu’il doit réaliser. Après une période de six mois ou d’une année, chaque ministre doit être évalué. Ceux qui n’auront pas atteint l’agenda leur confié doivent être remplacés par d’autres Congolais. Ceci pour éviter de ministres chef coutumier qui font de longues années au gouvernement seulement en fonction de leur fidélité au président ou à leur autorité morale, mais sans aucun résultat pour le progrès du pays », argumente le président de l'Asadho.

 « C’est plus la crédibilité du Cach qui est en jeu que celle du FCC dont la mauvaise gouvernance et l’arrogance sont bien connues de tous », indique-t-il, en appelant le peuple qui aurait donné la majorité parlementaire au FCC à se prononcer, cette fois-ci, sur la qualité des personnes qui seront nommées dans le nouveau gouvernement. « C’est notre droit en tant que peuple d’exiger l’excellence »,  rappelle Me Jean-Claude Katende.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Me Jean-Claude Katende

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