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Fossé

Mardi 30 Octobre 2018 - 11:53

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Que l’éviction en fin de semaine dernière du président de l’Assemblée nationale, Karim Meckassoua, soit une erreur qui risque de coûter cher, très cher, à la République centrafricaine (RCA) ne fait, hélas!, guère de doute. Se produisant dans un moment où les tensions ethniques et religieuses s’aggravent avec, en toile de fond, la menace d’une implosion du territoire qui détruirait le pays, une telle faute laisse mal augurer de l’avenir de notre voisine et notre sœur.

Elle est d’autant plus mal perçue, en Centrafrique même et partout ailleurs dans le monde, que l’homme écarté sans ménagement du poste qui lui avait été confié dans le but d’équilibrer les pouvoirs au sein des institutions centrafricaines est tout sauf un extrémiste, un fanatique, un personnage avide de pouvoir et de richesse. Discret, ouvert, honnête, convaincu que la paix intérieure d’un Etat comme la Centrafrique ne peut venir que du respect de l’autre et donc du dialogue des religions, il avait tout mis en œuvre depuis son élection pour apaiser le conflit mortel qui dresse les communautés les unes contre les autres avec les dégâts humains que l’on connaît.

Rappelons à ce propos qu’avant d'être élu à la présidence de l’Assemblée nationale, Karim Meckassoua s’était rendu à Rome pour échanger avec de hautes personnalités de l’Eglise sur la nécessité de poursuivre la marche vers la réconciliation religieuse sans laquelle la paix civile retrouvée ne serait que passagère. Un engagement d’autant plus écouté, entendu, qu’il s’inscrivait dans le processus de restauration de la paix intérieure conduit à la demande de l’Union africaine par la plus haute autorité congolaise, Denis Sassou N’Guesso.

Nul ne sait ce qu’il sortira à brève échéance de la crise dans laquelle s’enfonce à nouveau la RCA, mais tout donne aujourd’hui à penser que la réconciliation nationale se trouve à nouveau mise en question. Avec tous les dangers que cela comporte pour le Bassin du Congo dans son ensemble étant donné le moment très particulier que nous vivons où l’immense République démocratique du Congo s’apprête elle-même à désigner son nouveau chef de l’Etat.

Prions donc afin que le fossé qui vient de se creuser en Centrafrique ne devienne pas un gouffre.

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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