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Samedi 1 Septembre 2018 - 17:32

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Personne, oui personne ne saurait regretter que le Congo et les Nations unies s'emploient à démobiliser les quelques 7500 "ninjas" et autres rebelles qui ont semé ces dernières années la désolation dans une partie du département du Pool. Mais l'ampleur des fonds qui seront consacrés à cette opération de démobilisation des ex-combattants et de réintégration des milliers de personnes déplacées en raison des violences perpétrées dans leurs villages - 8, 3 milliards de francs CFA annoncés samedi - conduit l'opinion publique à poser la question suivante aux autorités concernées : ont-elles la garantie que les violences dont furent victimes nos compatriotes ne se reproduiront pas dans l'avenir proche ou lointain ?

A cette question, il est important d'apporter une réponse tout à la fois claire et fiable. D'abord, bien sûr, parce que la paix civile dont nous avions payé le retour au prix fort à l’issue des  guerres civiles de 1997 et 1998 ne doit pas être remise en question dans les mois et les années à venir sous un prétexte ou sous un autre. Ensuite, parce que les engagements pris à l'issue de ces mêmes guerres civiles par ceux qui avaient semé le trouble dans le Pool et ailleurs n'ont pas été tenus pour des raisons toujours pas expliquées. Enfin, parce que notre pays, qui est aujourd'hui le plus stable d'une Afrique centrale en proie elle-même à de grands troubles, doit à tout prix préserver sa paix intérieure s'il veut contribuer de façon efficace à la pacification de cette partie du continent.

Il ne nous appartient pas de dire ce que les autorités de la République doivent ou devraient faire pour garantir que l'énergie et les sommes dépensées dans le but de consolider la paix dans le Pool ne le seront pas en pure perte. Mais il nous revient, en revanche, de souligner le fait que le peuple congolais, dans son ensemble, attend des garanties sérieuses sur le respect de l'accord qui a été conclu avec les rebelles de Frédéric Bintsamou, alias pasteur Ntoumi. Ayant été échaudé une première fois, il supporterait mal, très mal même que les sacrifices qui lui sont à nouveau demandés ne servent à rien.

Le fait que la communauté internationale se mobilise aujourd'hui pour aider notre pays à résoudre ce problème intérieur ne peut être que salué. Mais nous devons maintenant lui apporter la preuve concrète que son appui a contribué à restaurer définitivement la paix dans le Pool.  

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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