Grogne sociale : les médecins du secteur public donnent de la voix

Jeudi 14 Février 2019 - 16:04

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Les revendications gravitent essentiellement autour du non-paiement des salaires et/ou de la prime de risque, de la discrimination dans le traitement et de l’existence au sein de l’administration de la santé de vingt-huit mille employés fictifs.

Ça gronde dans tous les secteurs publics en République démocratique du Congo. Les revendications sociales exprimées par les travailleurs ne faiblissent pas depuis l’avènement du nouveau pouvoir, porteur d’espérances pour diverses catégories socioprofessionnelles.

A la suite du personnel des entreprises publiques qui est à l'origine de la grogne observée dans le milieu professionnel, c’est au tour des médecins de hausser la voix pour réclamer également l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles. Passant à l’acte dans l’espoir d’obtenir gain de cause à leurs revendications, les blouses blanches avaient investi, le 12 février, le bâtiment abritant le secrétariat général du ministère de la Santé publique. Une forte agitation avait été observée sur les lieux en raison de la présence de plusieurs centaines des médecins représentant différentes filières de la corporation.

Il était question, pour chaque filière professionnelle du secteur de la santé, de déposer son mémorandum reprenant ses revendications spécifiques, en plus de celles générales posées par la corporation. Celles-ci gravitent essentiellement autour des sempiternelles doléances portant notamment sur le non-paiement des salaires et/ou de la prime de risque pour certains pendant des années, la discrimination dans le traitement ainsi que l’existence au sein de l’administration de la santé de vingt-huit mille employés fictifs. Les blouses blanches réclament dorénavant l’alignement à la prime de risque et la clarification du dossier des fictifs.

Des revendications qui ne datent pas d’aujourd’hui et dont les gouvernements qui se sont succédé n’ont jamais apporté des solutions durables. Des médecins généralistes et autres prestant dans les hôpitaux publics aux spécialistes en réadaptation en passant par ceux évoluant dans la filière dentiste, tous étaient présents le mardi au secrétariat général du ministère de la Santé pour faire entendre leurs voix.

Des indiscrétions recueillies sur place, il appert que la prime décaissée par le Trésor public pour payer les médecins emprunte souvent d’autres destinations pour aller se loger dans les poches de certains administratifs véreux. Tout un mécanisme maffieux fonctionnerait à plein régime au grand dam des professionnels de la santé réduits à leur plus simple expression. Les vingt-huit mille fictifs listés représenteraient donc une aubaine pour ces administratifs qui n’ont de compte à rendre qu’à leur propre conscience. Conséquence : ceux qui travaillent d’arrache-pied en veillant à la santé de la population ne perçoivent ni prime ni salaire, ce qui pousse certains au cumul avec un pied dans le privé. « Nous ne voulons pas que les fictifs puissent bouffer la prime tous les mois. L’ouvrier mérite son salaire. Nous travaillons jour et nuit pour le bien-être du peuple congolais. Mais en retour, nous ne sommes ni primés ni salariés », n’ont cessé de se plaindre les manifestants qui, par ailleurs, dénoncent le manque d’équipements pour mieux prendre en charge leurs patients dans leurs différents lieux d’affectation.

Dans le lot des manifestants  se trouvaient également les professionnels licenciés, maîtres et docteurs en sciences de santé représentant une filière longtemps négligée par le pouvoir public. Ces derniers disent être victimes de la discrimination, de l’injustice et d’un manque d’équité de la part de l’Etat-employeur par rapport à leurs collègues pharmaciens et chirurgiens-dentistes. Un dossier déjà sur la table du prochain ministre de la Santé.  

Alain Diasso

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