Grogne sociale : soupçon de fronde à la magistrature

Mercredi 13 Février 2019 - 18:16

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Au-delà de leur faible rémunération, les magistrats dénoncent les mutations sans frais de déplacement et autres «promotions clientélistes » qui gangrènent leur secteur.

Le secteur de la magistrature n’est pas épargné par la grogne qui, depuis quelque temps, semble vicier l’atmosphère sociale en République démocratique du Congo depuis l’avènement du nouveau pouvoir. Une frange des magistrats donne de plus en plus de la voix pour revendiquer l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles qui sont loin de refléter leur statut social. Il s’agit précisément d’un groupe de jeunes magistrats qui, d’après actualités.cd, a pris la liberté de saisir en début de semaine l’ONG de défense des droits humains, Acaj, à travers un mémo dans lequel il fait part de leurs revendications.

La démarche ainsi amorcée serait en prélude à un mouvement de grève que s’apprêteraient à enclencher, dans les jours à venir, ces magistrats qui ont déjà rallié à leur cause plusieurs de leurs confrères, tant à Kinshasa qu’à l’arrière-pays, apprend-on.

La menace est à prendre au sérieux à tel point que l’Acaj, à son tour, a saisi le 12 février le président de la Cour constitutionnelle qui est en même temps président du Conseil supérieur de la magistrature afin de porter à sa connaissance ces revendications et voir dans quelle mesure leur donner satisfaction. Dans la correspondance de l’ONG adressée à cette haute juridiction, il est fait état de la situation préoccupante des magistrats qui « disent ne pas comprendre pourquoi sur 100% de fonds alloués par le gouvernement au pouvoir judiciaire, 70% soient déclarés être affectés au fonctionnement » et que seulement 30% soient affectés à leur paiement. Une situation qu’ils veulent voir être modifiée dans les meilleurs délais avec, en sus, un renversement de la tendance au profit de l’amélioration de leurs rémunérations.

Aussi est-il recommandé au président du Conseil supérieur de la magistrature de faire enquêter sur l’affectation de ces frais et adopter par l’Assemblée générale du Conseil supérieur de la magistrature prochaine un budget « Dotation du pouvoir judiciaire conséquente » visant à améliorer leurs conditions socioprofessionnelles.

Au-delà, le groupe des magistrats frondeurs dénonce les mutations sans frais de déplacement et autres « promotions clientélistes » qui gangrènent leur secteur. Un facteur qui a longtemps contribué au dépérissement de la distribution de la justice négociée dorénavant à la tête du client.

Alain Diasso

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