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Huis clos

Samedi 27 Octobre 2018 - 19:51

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Des huis clos, il n’en ressort souvent que très peu de choses. Il n’est cependant pas interdit de penser qu’en réalité y sont abordées des questions qui préoccupent le commun des mortels. Ils sont convoqués dans le cadre d’associations partisanes ou non mais le tout est d’obtenir que des approches de solution aux sujets de fond qui les animent soient étudiées beaucoup plus calmement que dans le brouhaha des réunions publiques.

Le 18 octobre, le Premier ministre, Clément Mouamba, a ainsi accommodé le sien avec les parlementaires de la majorité présidentielle. Rappelons qu’au terme des élections législatives et sénatoriales de l’année dernière, cette famille politique avait remporté l’essentiel des sièges à pourvoir dans les deux chambres du parlement, l’Assemblée nationale et le Sénat. En principe, elle n’a pas de souci à se faire sur la stabilité de ses groupes au sein de ces institutions où elle détient partout la majorité absolue. Et si l’on y ajoute des indépendants qui globalement ne l’enquiquinent pas, tout va bien.

Il y a pourtant un constat posé par cet huis clos que le chef du gouvernement a relayé lorsqu’il s’en est ouvert à la presse au sortir de celui-ci : « Le gouvernement ne communique pas assez », lui auraient répété ses interlocuteurs. A la vérité oui, et Clément Mouamba l’a aussi reconnu. Il a déclaré prendre bonne note de cette sorte de « remontrance » en famille qui n’en demeure pas moins une alerte sonnée par la majorité parlementaire. En cette période de crise, communiquer davantage pourrait aider à décanter un certain nombre de situations même s’il existe des limites à ne pas entendre que « ventre affamé n’a point d’oreille ».

Pour ce qui est de la gouvernance publique, à la vérité, il ne saurait être question de se limiter aux battements des cœurs affamés. Il est impérieux de toujours exposer les moindres efforts de l’exécutif, certainement pas à tout-va mais dans une stratégie d’ensemble grâce à laquelle les citoyens se savent pris en charge et en même temps surveillés dans leur façon de remplir leurs tâches, si pas pour cela tenus au collet. La petite contrepartie que peut constituer le dénouement d’un problème latent, le retard que peut prendre la résolution d’un autre qui attire l’attention méritent d’être expliqués, disons, à qui veut l’entendre.

Avouons, néanmoins, que pour y parvenir, la majorité présidentielle a intérêt à briller par la cohésion, au gouvernement de montrer qu’au-delà des réunions du cabinet et des conseils des ministres, ceux et celles qui le composent, tout en respectant les missions de chacun et de chacune, subliment leur rôle de grands serviteurs de l’Etat. Apprécions, par exemple, la teneur des informations contenues dans cette explication du Premier ministre devant la presse après le huis clos : « Nous sommes revenus également sur nos rapports avec le FMI qui s’effectuent dans des conditions responsables. Nous pensons que cet accord sera signé dans de brefs délais, car le travail se fait. J’ai aussi dit aux parlementaires que concernant la dette avec les traders, les pourparlers se poursuivent. Sur ce point, nous avons pris l’option de vendre du pétrole nous-mêmes et mettre cet argent dans un compte séquestré à la Banque centrale ».

Bravo ! pourrait-on dire car le peuple a un sacré besoin d’en savoir un peu plus sur les missions que son gouvernement accomplit au jour le jour. Cela lui permet de continuer à espérer et aussi de savoir compter sur la volonté des dirigeants à surmonter les difficultés conjoncturelles auxquelles le pays est confronté.

Au fait, ce siècle-ci, le XXI, considéré comme celui de la communication, dire et redire sont comme autrefois des armes du management de la Cité. Nos aïeux l’avaient bien compris depuis pour ne pas nous empêcher de les citer au travers de cette maxime : « Quand on n’a pas la langue légère, ce que l’on propose à la vente pourrit ». Bien sûr, on doit pouvoir communiquer à bon escient.

 

Gankama N’Siah

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