Infrastructures routières : les travaux du tronçon Djambala-Lékana prennent du retard

Samedi 15 Décembre 2018 - 15:30

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En mission de contrôle et d’évaluation de la réhabilitation de la route nationale n°8, dans sa partie Djambala-Lékana, le directeur de cabinet du ministre de l’Equipement et de l’entretien routier, Frédéric Manienze, a constaté, le 13 décembre, le retard pris par Sipam pour cause d’intempéries.

En septembre dernier, la société Sipam a été chargée des travaux de réhabilitation de la route nationale n° 8 (RN°8), tronçon Djambala-Lékana, pour une durée des travaux estimée à quatre mois. Avec une enveloppe de 823 291 300 FCFA, l’entreprise en charge des travaux avait la mission de combler le ravin du PK21 ayant coupé la RN8 entre Djambala et Lékana ; de procéder au cantonnage mécanisé : curage des fossés latéraux existants, aménagement des descentes d’eau, désherbage des accotements, destruction des termitières ; de traiter les dégradations puis recharger la chaussée à la latérite ; de reconstruire les fossés endommagés puis construire un bassin de rétention.

Depuis, le ravin de la Mpama, situé au PK21, a été comblé. Pour ce remblai, il a nécessité 42 000 m3 de terre, comme l’a expliqué Laurent Assombo, directeur du contrôle technique au Bureau de contrôle des bâtiments et des travaux publics (BCBTP). L’ouverture du ravin sur la chaussée était de 40 m de large d’un côté et de 20 m de l’autre, avec une longueur de 50 m et une profondeur de 15 m, a estimé Blaise Onanga, directeur de l’Equipement et de l’entretien routier. « Ces ravins menacent la route depuis 2016. Jusqu’à un passé récent, pour aller à Lékana, il fallait prendre une déviation (une équation difficile pour les gros transporteurs à l’instar des camions citernes) », a-t-il rappelé, avant de souligner que la plupart de ces érosions se manifestent à cause des ouvrages d’assainissement réalisés par Razel enfuis sous le sol, donc non fonctionnels.

Des travaux éxécutés à 50%

Le cantonnage mécanique entre Djambala et Lékana est effectif, l’aménagement de la chaussée est en cours et des bassins de rétention ont été aménagés. Outre ces travaux, l’entreprise a ouvert la voie d’accès pour la gite latérite d’Olélé (8 km sur les 25 km) à partir de Nkami. Jusqu’à ce jour, le niveau d’exécution des travaux a été évalué à 50%. « Les travaux s’exécutent normalement nonobstant les pluies », a affirmé Frédéric Manienze, avançant les données de synthèse des réalisations de la société Sipam. « Les travaux d’entretien routier, tronçon Djambala-Lékana, sont en cours. Au terme de trois mois, je peux émettre un sentiment de satisfaction puisque jadis, c’est un tronçon que nous parcourions en plus de deux heures, pourtant à peine de 42 km. A ce jour, en 45 mn on peut le faire. C’est un sentiment de satisfaction pour moi et la population. D’emblée, on s’aperçoit que les conduits d’eaux ont été bien curés, quelques nids de poule ont été bouchés sur la chaussée. Ce qui permet aujourd’hui plus de facilité sur la route », a témoigné le maire de Lékana, Jules Ngebo. Et l’érosion « bien entendu », a-t-il répondu tout sourire à la presse, ajoutant qu'« elle a été bouchée », avec pour seul souhait la réhabilitation complète de ce tronçon.

Malgré une pluviométrie abondante, cause principale du retard des travaux, le chef de chantier Sipam, Rafiq Asif, assure : « Nous sommes en train d’ouvrir la carrière de latérite pour réhabiliter la voie. Les travaux peuvent être achevés dans un délai de trois mois. Ils ont accusé du retard à cause de la pluie. Tout compte fait, nous finirons bientôt ».

" Un travail laborieux fait par Sipam"

Une surprise pour le maire de Djambala, Emmanuel Mpio, qui a déclaré: « L’effet de surprise est tout à fait normal, parce que mon territoire s’arrête à Lampama. Au-delà, je n’ai aucune emprise. Je suis très heureux. Sipam est en train de faire un travail laborieux. Je suis très sensible à ce qu’elle fait. J’ai fait ce tronçon avant la réalisation de ces travaux. C’était un bourbier. Franchement, on avait du mal à joindre les deux bouts. Ce trajet était compliqué à réaliser. Je crois qu’aujourd’hui, le monde est content. Il est vrai que ce n’est pas encore ça mais, il y a déjà une lueur d’espoir. En venant ici, je pensais que la route était en l’état mais les choses ont foncièrement évolué à ma très grande satisfaction ».

La route Ngo-Djambala-Lékana est en contrat avec Socofran pour sa réhabilitation, a rappelé le directeur général de l’Equipement et l’entretien routier. Cette route a été réalisée par la société Razel dans les années 1982-1986. Depuis, par manque d’entretien, elle a subi une forte dégradation, a-t-il reconnu. « Malheureusement, les travaux de réhabilitation amorcés par Socofran se sont arrêtés à Djambala. Lorsque Socofran a voulu amorcer la phase Djambala-Lékana, on a été surpris par la conjoncture. Ce qui a fait que Socofran n’a pu réaliser que les 5 Km marquant un peu la sortie de Djambala. Face à cette situation, nous étions obligés de recourir à d’autres sociétés pour traiter les érosions. Pour la première érosion située au PK10, nous avons commis Escom. Sipam a donc été chargée de traiter la deuxième érosion située au PK21 », a-t-il conclu.

En dépit des travaux déjà en cours, beaucoup de tronçons sur l’axe Djambala-Lékana sont dégradés. Pour faciliter la circulation, Blaise Onanga promet de scarifier certains tronçons et les recharger à la latérite afin d’améliorer le niveau de service pour que cette voie soit praticable en trente minutes comme auparavant.

Josiane Mambou Loukoula

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