Insécurité à Kinshasa : des personnalités politiques dans le viseur des criminels

Mardi 23 Octobre 2018 - 17:25

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Après l'attaque à la grenade de la residence du porte-parole de la majorité, Alain Atundu, et de celle du voisin du ministre de la Communication et médias, Lambert Mende, la police a décidé d'initier sur plusieurs tronçons de la ville des fouilles des véhicules de transport en commun et des particuliers, tout en renforçant la sécurité autour des résidences des personnalités ciblées.

Alors qu’on s'approche inexorablement de la tenue des élections du 23 décembre, l’atmosphère sociale à Kinshasa demeure tendue sur fond d’une insécurité qui ne rassure guère. La criminalité que l’on croyait être éradiquée tend à ressurgir dans la ville, mettant constamment en danger la vie des paisibles citoyens. La sécurité des personnes et de leurs biens relève, par ces temps qui courent, d’une véritable illusion lorsqu’on s’en tient à l’impuissance observée par la police face à cet état des choses.

Autant le Kinois lambda exprime des inquiétudes par rapport à sa sécurité, autant les acteurs politiques aux tendances connues ont des raisons de cultiver quelques appréhensions au regard des incertitudes qui caractérisent la suite du processus électoral. L’attaque de la résidence du porte-parole de la majorité,  André-Alain Atundu, le  22 octobre, a suffi pour exacerber les craintes dans le chef de plusieurs officiels à moins de trois mois des échéances électorales. La maison d’Alain Atundu, sur l'avenue Kananga (Commune de Ngaliema) a, en effet, été visée à la grenade par des hommes armés non autrement identifiés, à 3 h du matin. Même scénario chez le porte-parole de l’exécutif national dont la résidence d’un de ses voisins a été également attaquée, la même nuit, par un groupe d’individus armés. Ces derniers, mal renseignés, ont pris pour cible la maison de son voisin croyant que c’était la sienne. Aucun dégât majeur n'a été signalé.

Le mode opératoire des criminels, dans les deux cas d’attaque, paraît quasi identique. Expédition d’un éclaireur, utilisation d’une voiture de marque Ist, tirs à la lance-roquette à l’intérieur de la parcelle et disparition dans la nature. Ce qui fait penser à un acte prémédité. Au niveau de la police, la traque a été enclenchée contre les criminels en cavale après prélèvement de quelques éléments d’enquête. Le général Sylvano Kasongo, le patron de la police de la ville de Kinshasa, a révélé à ce sujet que « la police détenait déjà des informations sur des criminels qui voulaient attaquer des personnalités politiques à Kinshasa » et s’emploie, pour l’heure, à démanteler ce réseau en menant des sérieuses investigations. « On avait déjà des renseignements qu’il y avait un groupe de criminels qui enlèvent les filles dans les voitures-taxis et qui veulent s’attaquer à des personnalités. Les enquêtes sont en cours. D'ici là, vous aurez une suite favorable. La police est à pied d’œuvre, nous avons déjà quelques indices », a-t-il ajouté.

C'est à cet effet que des barricades ont été érigées ces derniers temps par la police sur certains tronçons dans la ville et des fouilles systématiques appliquées sur des véhicules de transport en commun et ceux des particuliers. Entre-temps, la sécurité est en train d’être renforcée autour des résidences de ces deux personnalités et d’autres, sans oublier les candidats à la présidentielle obligés de bénéficier des mêmes privilèges selon la loi électorale. Dossier à suivre.

Alain Diasso

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