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Insubordination...

Samedi 27 Juin 2020 - 17:30

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À croire que les principaux représentants de l'Etat dans certains départements du Congo ont maille à partir avec quelques-uns de leurs collaborateurs. C'est pour cela, peut-être, que pour affirmer leur autorité et montrer à ces derniers qu'ils sont tenus d'obéir, les préfets usent de leur pouvoir discrétionnaire sans sourciller. Et comme très souvent, chez nous, ramener à l'ordre fait grincer les dents, les notes prises à l'encontre de plusieurs responsables locaux suspendus de leurs fonctions dans la Bouenza et particulièrement dans la Likouala où la mesure frappe trois commis de l'Etat ameutent l'opinion.

Le 8 juin, le préfet de la Bouenza mettait provisoirement fin aux fonctions du sous-préfet de Kingoué pour insubordination notoire à l'autorité hiérarchique. Ampliations de cette mesure étaient adressées à la tutelle, le ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation, aux structures intermédiaires, à l'intéressé et tout naturellement aux archives locales. La note ne précise pas le délai de suspension du mis en cause, ce qui suppose qu'une procédure pour sa relève définitive peut être dans l'ordre du possible.

Le 19 juin, le préfet de la Likouala prenait à son tour trois notes de service distinctes par lesquelles il suspendait de leurs fonctions le directeur départemental de la surveillance du territoire, celui du commerce intérieur ainsi que le correspondant de Radio-Congo dans le département. Le motif de révocation de ces derniers est identique à celui mentionné plus haut : insubordination notoire à l'autorité hiérarchique. Copies de ces notes ont été envoyées à la tutelle, aux intéressés et aux archives préfectorales.

Pourquoi ces mesures disciplinaires sont-elles diversement interprétées dans le pays et notamment à Brazzaville ? Est-ce parce que la mention insubordination notoire à l'autorité hiérarchique, chaque fois reprise pour justifier la sanction manque de clarté et fait croire à un abus d'autorité ou est-ce, au contraire, parce que de plus en plus, on ne sait pas comment expliquer ce phénomène, les Congolais ont perdu l'habitude de la réprimande même pour faute administrative dûment constatée ?

Peut-être, ceci expliquant cela, qu’il est revenu plusieurs fois que certaines autorités préfectorales ont accumulé ces recours, parfois au détriment des procédures régulières en la matière. Procédures qui sous-entendent que les paliers de l'échelle des sanctions sont franchis les uns après les autres pour aboutir à la sentence finale du renvoi du fonctionnaire de son poste, avec la charge négative mais tout aussi pédagogique d'une telle issue pour l’intéressé.

En l'absence de précisions, autant considérer le motif invoqué dans les différentes notes de service mentionnées plus haut comme rendant compte d'un climat malsain que les suspensions annoncées devraient apaiser. Il n'y a pas longtemps, nombre de présidents des conseils départementaux étaient poussés vers la sortie par l'action concertée des élus locaux à la suite des constats de mauvaise gestion. Cette fois, ce sont les préfets qui évincent certains de leurs collaborateurs pour indiscipline notoire. Pourvu que la raison soit toujours du côté du droit.

Les Dépêches de Brazzaville

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