Interview. Olivier Doumou : « Nous souhaitons sortir la musique urbaine du ghetto »

Jeudi 6 Juin 2019 - 22:15

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Dans le cadre des préparatifs de la quatrième édition du Brazza urban festival, qui aura lieu le 20 juillet, le manager du label Doumoussion a tenu à faire le point sur l’apport de cet événement au développement professionnel des artistes urbains. Entretien.

Les Dépêches du Bassin du Congo (L.D.B.C.) : Il va se tenir très bientôt à Brazzaville la quatrième édition de Brazza urban festival. A quoi peut-on s’y attendre?

Olivier Doumou (O.D.) : A chaque édition de ce festival, nous avons toujours essayé d’innover afin d’apporter un souffle nouveau pour le plaisir des mélomanes. Nous voulons nous servir de cette nouvelle édition pour interpeller les pouvoirs publics et les mécènes afin qu’ils aient un regard différent sur les musiques urbaines et qu’ils accompagnent ces jeunes qui, contre vents et marées, se battent pour représenter le Congo au travers de leur musique.

Notre objectif n’a pas changé, nous souhaitons sortir la musique urbaine du ghetto et mettre en lumière les jeunes artistes qui manquent cruellement de visibilité. Ce festival est une opportunité pour les artistes locaux de faire des rencontres avec des professionnels (tourneurs, managers…) de ce domaine et de signer des partenariats.

L.D.B.C.: Ce festival a-t-il un impact dans le développement professionnel des artistes locaux urbains ?

O.D. : Il nous serait très difficile de quantifier l’impact ou l’apport de ce festival dans le développement des artistes urbains locaux. Toutefois, il convient de souligner que grâce à cet événement, des artistes tels que Lorna ont été connus du grand public et ont eu à faire des collaborations avec des artistes de renommée internationale comme Kassav, Kaysha… Relevons aussi que suite à sa signature avec le label Doumoussion, elle a pu faire une tournée nationale et ses vidéos sur Youtube ont enregistré des milliers de vues. Tout ceci est un travail de fond abattu pas les équipes de la Doumoussion.

Je citerai aussi Makhalba Malechek qui a pu devenir brand ambassador d’un opérateur de téléphonie mobile de la place, une première dans la musique congolaise, et qui a collaboré avec Singuila et Tenor. Tout ceci grâce à notre accompagnement. Je pense que le label Doumoussion, au travers de ce festival, apporte réellement un soutien considérable aux artistes urbains.

L.D.B.C.: Quels sont les artistes attendus pour cette édition ?

O.D. : Comme les précédentes éditions, nous donnerons la primeur aux artistes locaux. Il y aura aussi des artistes internationaux tels que King Lesh et Gaz Faboulous de la République démocratique du Congo. En ce moment, nous sommes en pourparlers avec Kiff No Beat. Mais, il convient de relever que la liste des artistes n’est pas encore close; donc il se peut qu’il y ait des surprises.

L.D.B.C. : Quelles relations entretenez-vous avec Biz Ice, étant donné que ce dernier a des rapports conflictuels avec votre ancien poulain, Makhalba ?

O.D. : Biz Ice est d’abord un petit frère. C’est aussi un artiste dont je suis conscient du talent et qui a toujours participé à ce festival depuis sa première  édition, ceci pour montrer que j’ai toujours eu de bons rapports avec lui. En ce qui concerne les conflits entre lui et mon ancien poulain, Makhalba, je ne vais pas me prononcer dessus car les conflits existent souvent entre artistes talentueux.

L.D.B.C. : Que pouvez-vous dire à nos lecteurs pour mettre fin à cet entretien ?

O.D. : La quatrième édition du Brazza urban festival aura bien lieu le 20 juillet, au Palais des congrès de Brazzaville, car les dés sont lancés. J’invite les passionnés des musiques urbaines à venir découvrir les nouveaux talents et faire la fête avec nous.

Propos recueillis par Sage Bonazebi

Légendes et crédits photo : 

Olivier Doumou

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