Interview. Zacharie Bababaswe : « Le chanteur du « kikoso » va devenir un chanteur du casino de Paris »

Samedi 23 Février 2019 - 14:27

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Très investi dans la musique, le chroniqueur n’a de cesse d’y apporter une touche d’originalité. Dans cet entretien exclusif avec Le Courrier de Kinshasa, il évoque le contact pris avec le producteur de Zik Truck rencontré en Guyanes pour asseoir le concept à Kinshasa et Brazzaville au profit de chanteurs occasionnels majeurs aimant chanter sans ambition de devenir professionnels.

Zacharie BababasweLe Courrier de Kinshasa (L.C.K.) : Vous avez la réputation de booster la scène musicale kinoise avec des projets inédits. Peut-on savoir ce qu’il en est cette fois ?

Zacharie Bababaswe (Z.B.) : J’ai une toute nouvelle idée qui, en vérité, n’en est pas une dans la mesure où le projet est déjà d’usage dans d’autres pays, il s’agit du Zik Truck. C’est un concept français ouvert aux chanteurs qui n’ont pas la vocation ou l’ambition de devenir des artistes professionnels, de se lancer dans une carrière musicale. Juste des gens qui adorent la chanson, interprètent des airs divers, aiment chanter pendant qu’ils sont sous la douche, font les travaux ménagers, etc. Zik Truck a donc donné l’occasion à ces chanteurs qui pullulent de participer à un concours. Plusieurs sont originaires d’Afrique et sont nombreux dans les Dom Tom, les territoires d’outre mer de la France, Guadeloupe, Guyanes, Martinique, Polynésie, etc. Ces chanteurs pour le plaisir se retrouvent à Paris pour une finale juste pour le plaisir de le faire sans la prétention de faire un album en studio suivi d’une promotion. J’ai rencontré le producteur de Zik Truck en Guyanes, nous avons échangé, puis à nouveau dans ses bureaux dans le onzième arrondissement à Paris. Nous avons évoqué la possibilité d’étendre le projet en Afrique, d’abord dans la sous-région de l’Afrique centrale, tout particulièrement entre Kinshasa et Brazzaville. Le producteur arrive le mois prochain pour une étude de terrain.

L.C.K. : Comment le concours devrait-il se dérouler  ?

Z.B. : Il s’agit en gros d’enregistrer dans un container décoré aux couleurs de Zik Truck, transformé en studio d’enregistrement qui vient de la France. Les auditions qui mènent au concours sont fondées essentiellement sur la qualité de la voix et la manière de chanter. Les sélectionnés se produiront en public en compagnie d’un orchestre. La seule différence pour Kinshasa et Brazzaville, les containers seront décorés par des jeunes artistes académiciens de l’une ou l’autre ville, c’est selon. L’enjeu c’est que de là, le chanteur du « kikoso », comme l’on dit chez nous, va devenir un chanteur du casino de Paris et recevoir de nombreux prix dont la visite de la ville lumière, Le Louvres, la Tour Eiffel, etc. Une des étapes du concours Zik Truck

L.C.K. : Quels sont les principaux critères de sélection pour concourir  ?

Z.B. : Pour commencer, il faut être majeur, c’est clair que le Zik Truck n’est pas destiné aux enfants. Chez nous, le concours est ouvert à tout type de musique, le chant chrétien et la musique de variété. La plupart des participants en Guyanes avaient choisi d’interpréter des chansons en anglais ou en français de stars. Le tout c’est d’essayer de les rendre à la perfection. Le recrutement est fondé sur des chanteurs occasionnels qui ne pensent pas embrasser une carrière professionnelle. Avec le producteur, nous allons sillonner les communes de la capitale pour annoncer le concours et mettre en place un lieu d’inscription, l’idéal serait l’Académie des beaux-arts. Nous pensons constituer le jury avec l’Institut national des arts. Et comme la musique est un langage universel, combiner les sons de manière agréable à l’oreille, un chanteur de Bumbu qui interpréterait au mieux Whitney Houston, ou de Poto-Poto ou Makélékélé qui choisirait Roga-Roga ou Doudou Copa sera apprécié par le jury sur sa manière de le rendre. Mais, l’astuce comme je l’ai observé en Guyanes, beaucoup de candidats optaient pour des stars mondialement connues comme Michaël Jackson ou Michel Sardou. Il ne faut pas oublier que la finale est à Paris, ce serait toujours mieux de choisir la chanson française.  

Le studio Zik Truck en route pour la PolynésieL.C.K. : Combien de participants pensez-vous accepter à votre concours ?

Z.B. : Le concours est organisé pour offrir l’égalité des chances à toute sorte de chanteur. Plus il y aura de candidats, mieux cela vaudra afin que l’on sélectionne le meilleur ou la meilleure. En tant qu’initiateur en RDC et au Congo-Brazzaville, je serai très heureux de voir un chanteur d’ici l’emporter à Paris. Il faudrait absolument que ses proches, parents et voisins le soutiennent. Seuls eux pourront témoigner sur le candidat qui, par exemple, dès 5 heures, les réveillerait par son chant matinal à la place du coq, en balayant la cour de la parcelle ou en vendant son pain au coin de la rue, interprétant feu Alain Moloto ou Papa Wemba. Ce sont ces voix-là que nous voulons porter jusqu’à Paris. Je ferai en sorte qu’une importante délégation de journalistes et de professionnels l’accompagnent à la finale de Paris.

L.C.K. : D’autres provinces seront-elles embarquées dans l’aventure Zik Truck ?

Z.B. : Oui ! Nous pensons avoir un champion de Kinshasa mais aussi de Kisangani, Lubumbashi, Kananga, etc. J’entends me battre pour que Kinshasa et Brazzaville proposent trois candidats à Paris. La RDC, vu l’immensité de son territoire, en proposerait deux.

 

Propos recueillis par Nioni Masela

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 : Zacharie Bababaswe Photo 2 : Une des étapes du concours Zik Truck Photo 3 : Le studio Zik Truck en route pour la Polynésie

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