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Journée de la presse

Samedi 12 Mai 2018 - 19:04

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Le 3 mai dernier, il y a près de deux semaines, est revenu au souvenir des professionnels des médias comme pour leur rappeler que la société ne les oublie pas. La société pour laquelle, évidemment, ils consacrent leur temps à en dépeindre les vices et les vertus, moyennant quoi ils sont eux-mêmes catalogués ou, néanmoins, jugés au résultat qu’ils produisent. Parce qu’ils sont des citoyens à part entière, parce qu’ils ne doivent pas se prendre pour des intouchables.

La journée internationale de la liberté de presse est donc l’occasion donnée aux hommes et aux femmes impliqués dans la gestion au quotidien de ce secteur d’activités de marquer une pause, d’évaluer le chemin parcouru, les obstacles franchis, les défis du futur de leur travail. S’ils s’y consacrent avec le sentiment de s’améliorer de jour en jour, avec l’humilité de professionnels qui n’ont pas fini d’apprendre, alors ils gardent les pieds sur terre. Si par contre le critère de cette célébration est l’autosatisfaction, ils tomberont dans le piège d’œuvrer à leur propre disgrâce.

Il est apparu, devant la prolifération des nouveaux moyens d’échange et de diffusion à grande échelle de l’information, que les fondations du métier prennent la secousse. En apparence la question ne se pose plus de savoir qui des réseaux sociaux ou des instruments « anciens » de diffusion va plus vite car là-dessus, la course est effrénée, trop effrénée pour qu’on n’accorde pas le préjugé de la rapidité aux réseaux sociaux. La question qui se pose, en définitive, est celle de savoir soigner ce que l’on écrit, récite ou ce que l’on montre.

Mais en même temps qu’ils doivent gagner la bataille de la vérification des faits, les professionnels des médias devraient se lancer aussi dans la conquête du temps qui passe pour ne pas se contenter de rétablir des vérités attendues depuis trop longtemps. Car chaque fois que les médias ont laissé pendant beaucoup trop longtemps le champ libre aux amateurs de « fake news », la vérité qu’ils sont censés restituer se gorge de doutes qui sont parfois difficiles à réparer. Ce n’est rien devant la pertinence des faits, mais une fausse nouvelle qui a corrompu un nombre indéfini d’abonnés peut arracher tout sur son passage comme un orage en furie.

D’où l’impérieuse nécessité pour les journalistes d’associer authenticité et rapidité dans le traitement de l’information qu’ils diffusent. Ils ne se battront pas contre les propagateurs de fake news, ils se battront simplement pour s’arrimer à la modernité qui caractérise l’évolution du métier qu’ils ont appris et exercent avec enthousiasme et responsabilité. C’est à ce titre, peut-être, qu’ils apprendront à ceux qui dans le foisonnement des nouveaux moyens de diffusion de l’information continuent de leur faire confiance qu’ils leur doivent du respect.

Comme les métiers se choisissent, celui de fabriquer de la fausse nouvelle est peut-être proche de celui de produire de la fausse monnaie. Les commerçants s’équipent de machines à détecter les faux billets, les citoyens devront, peut-être, en s’appuyant sur leur propre observation des faits, questionner toute information qui commence par ressembler à quelque chose dont ils n’ont jamais entendu parler. Parce que les choses rares sont très rares qu'il faut se donner l'opportunité d'en vérifier le contenu. Pour cela, le rôle de la société, des administrations publiques et privées devrait être de ne pas prêter le flanc aux prédictions qui nourrissent la rétention d'informations d’intérêt général.

Gankama N'Siah

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