Justice : les journalistes formés sur les notions élémentaires de droit

Mardi 20 Mai 2014 - 20:07

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La formation qui réunit environ trente professionnels des médias de Kinshasa s’inscrit dans le cadre d’un projet visant à contribuer à la liberté d’expression en RDC.

L’objectif  est de donner aux journalistes les connaissances de base en droit qui leur permettront d’écrire de manière plus fiable sur le sujet et de les informer sur leurs droits quant aux accusations de délits de presse. Cette formation  permettra également aux femmes journalistes de mieux appréhender leurs droits et de les défendre, à travers l’intégration d’un volet spécifique sur les droits des femmes, particulièrement les lois nationales et internationales qui les protègent. De façon spécifique, il s’agit de mettre en place un cadre normatif à l’exercice libre de la profession journalistique, notamment dans le traitement des questions judiciaires et juridiques.    

Financée par l’ambassade des Pays-Bas, cette formation de quatre jours, soit du 20 au 23 mai, est organisée par RCN Justice et Démocratie, en partenariat avec l’Union congolaise des femmes des médias (Ucofem) et Journaliste en Danger (JED). Elle vise donc à corriger le désintérêt des médias sur les questions liées au droit et à la justice. Ce qui explique la faible couverture de ces questions qui souvent, selon le RCN Justice et Démocratie, est biaisée vu que les journalistes méconnaissent les notions de base du fonctionnement de la justice, des procédures judiciaires et de droit en général. D’autre part, les journalistes connaissent mal leurs propres droits qu’ils pourraient faire valoir en cas d’accusation de délit de presse.  

À l’ouverture des travaux, la chef de mission de RCB Justice et Démocratie, Gaëlle Vandeputte, s’est appuyé sur l’article 9 de la charte africaine des droits de l’Homme et des peuples qui stipule que toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions dans le cadre des lois et règlements. « Le statut du journaliste reste problématique vu que de nombreux journalistes font encore l’objet de pressions, dès qu’ils traitent d’informations trop sensibles. Nombre d’entre eux sont d’ailleurs poursuivis pour diffamation ou sont victimes de pressions et d’intimidations », a-t-elle déclaré.   

Cependant, Gaëlle Vandeputte a reconnu que les conditions de travail des journalistes sont difficiles en RDC. « Outre les pressions subies, on notre entre autres un manque d’indépendance politique et économique, des conditions de travail précaires et des salaires trop faibles. Il n’est pas rare non plus par crainte de représailles qu'un journaliste pratique l’autocensure et ne constitue donc plus le relais d’information objective ou de contrepouvoir que l’on est en droit d’espérer d’une société démocratique », a-t-elle déclaré.

Pour rappel,  en partenariat avec l’Agence de presse Infosud-Belgique, membre et représentant de Syfia Grands lacs ASBL et JED, RCN Justice et Démocratie a mis en œuvre de 2011 à 2013 un projet du même nom au profit des journalistes de Kinshasa, Bas-Congo, Sud-Kivu et la Province Orientale. C’est au regard des résultats produits de ce précédent projet et du défi que représente la liberté d’expression en RDC qu’un nouveau bailleur, l’ambassade des Pays-Bas s’est intéressé à financer ce nouveau projet qui es mis en œuvre à Kinshasa et Goma.  

Gypsie Oïssa Tambwe