Kinshasa-Brazza : les notables kongo opposés à la construction du pont route-rail

Jeudi 16 Mai 2019 - 18:23

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Les dépositaires du pouvoir ancestral de la province ont estimé, dans une déclaration rendue publique le 15 mai, que le projet dont le début des travaux est annoncé pour août 2020, est suicidaire pour leurs installations portuaires, notamment celles de Matadi et de Boma.

Les notables du Kongo central ont promis de mener des actions pour que le projet soit abandonné. Ils posent également comme préalable, la construction du port en eaux profondes à Banana, qu’ils considèrent comme le contrepoids du port de Pointe-Noire, en République du Congo. « S’ils veulent construire ce pont, qu’ils commencent par construire le port en eaux profondes de Banana, à Moanda », ont-ils préconisé.

De son côté, le député provincial, Jean-Claude Vuemba, qui est parmi ceux qui n’ont jamais voulu de la primauté du pont route-rail sur le port en eaux profondes de Banana, brandit la menace pour le Kongo central de recourir à l’auto-détermination.

L’élu de Kasangulu a rendu visite, le 16 mai, au leader du mouvement politico-religieux Bundu Dia Mayala, Ne Muanda Nsemi, dans sa résidence à Kinshasa. Il a réitéré son rejet de ce projet de construction du pont entre Kinshasa et Brazzaville, soutenant qu'avant de lancer ce projet, le gouvernement doit s’investir pour la construction du port en eaux profondex de Banana.

Comme ses frères de province, Jean-Claude Vuemba revient sur l’autodétermination de cette partie de la République démocratique du Congo. « Si on essaie de jeter le pont route-rail Kinshasa-Brazzaville avant l’installation du port en eaux profondes de Banana, je crois que le peuple du Kongo central doit assumer ses responsabilités dans l’auto-détermination de notre province parce que ça serait la mort de notre province et nous ne l’accepterons jamais », a-t-il menacé. 

La construction du pont route-rail Kinshasa-Brazzaville, dont le coût est évalué à cinq cent cinquante millions de dollars américains, est un projet soutenu par la Banque mondiale, qui avait annoncé le début des travaux pour août 2020. Dans le financement de ce projet, la Banque africaine de développement a déjà rendu disponibles deux cent dix millions.

 

Lucien Dianzenza

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