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L'Algérie appelée aux urnes

Samedi 21 Septembre 2019 - 19:33

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S'ils veulent sortir leur pays de l'incertitude dans laquelle il est plongé depuis plusieurs mois, les Algériens ne devraient-ils pas se résoudre au rendez-vous du 12 décembre prochain? Après, en effet, maints reports, les autorités de transition en poste depuis la chute du président Abdelaziz Bouteflika, le 11 mars, viennent de fixer à la date mentionnée plus haut, la tenue de la première élection présidentielle tant attendue. 

Poussé à la démission par la rue, l'ex-président n'a plus donné de la voix depuis, alors que les manifestations se poursuivent dans le pays. Toujours aussi nombreux, les meneurs de celles-ci tiennent mordicus à ce que soient dégagés tous les signes apparents de son règne, en particulier le retrait de la vie publique de tous ses anciens collaborateurs. Il s'avère que sur cette exigence, les tribunaux algériens aient été saisis de plusieurs dossiers mettant en cause d'anciens barons du régime déchu, certains croupissant désormais en prison. 

À moins de situer l'effervescence algérienne actuelle dans la trame historique de ce pays ayant acquis son indépendance, en 1962, après une longue lutte de libération, et donc d'y associer une connotation typiquement révolutionnaire. Souvent, parce qu'elles n'admettent l'opinion contraire qu'à la fin, quand elles ont épuisé toutes leurs énergies vengeresses, les révolutions laissent sur leurs traces des plaies béantes que les temps et les cœurs se chargent péniblement de colmater. 

Voyons comment chez le voisin tunisien, l'euphorie de la révolution de 2011 a laissé la place au réalisme. L'élection présidentielle du dimanche 15 septembre a été certes moins fréquentée par les Tunisiens que celle qui a suivi la transition en 2014. La première affichait un taux de participation de 64% et la toute récente seulement 45%. Il n'empêche que sur les vingt-six candidats-présidents, les deux arrivés au second tour sont des gens qui n'ont pas par le passé occupé des hautes fonctions dans la hiérarchie gouvernementale. Des "hors système" comme on dit. 

Le meilleur enseignement que l'on peut tirer de cette situation de la Tunisie, et qui vaut aussi pour l'Algérie copieusement manifestante, est que les urnes seules peuvent lui permettre de redevenir un pays apaisé.

Gankama N'Siah

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